Le Nutri-Score enterré « en stoem » par la Commission européenne? Qui sait…


Le Nutri-Score enterré « en stoem » par la Commission européenne? Qui sait…

En 2020, dans le cadre de sa stratégie « Farm to Fork », de la fourche à la fourchette, la Commission européenne annonçait en grande pompe que dans les deux ans, l’Europe disposerait d’un système d’étiquetage nutritionnel harmonisé et obligatoire dans toute l’Union européenne. Six ans plus tard, elle semble pourtant faire discrètement marche arrière. Or, sans harmonisation spécifique en la matière, chaque Etat membre conserve une marge d’action. Rendre le Nutriscore obligatoire reste possible mais relève d’une véritable volonté politique. Pour l’Eurodéputé belge, membre de la commission parlementaire (IMCO) visant le marché intérieur et  la protection des consommateurs , cette volonté n’apparait plus aussi forte à l’échelon européen. Il interpellera cette semaine la Commission européenne afin de savoir si  elle envisage encore de proposer un système européen d’étiquetage nutritionnel harmonisé ou si elle a définitivement choisi d’y renoncer… sans le dire clairement. « On ne peut pas promettre une réforme majeure de santé publique, mobiliser des experts pendant des années, puis laisser le dossier disparaître sans la moindre explication. La transparence n’est pas facultative. C’est une obligation démocratique », déplore-t-il.
C’est loin d’être banal, c’est le plus souvent durant l’été, en amont des congés parlementaires, et au coeur des grandes vacances des citoyens que les gouvernements, dans ce cas les instances européennes, font passé en douce des décisions qui mériteraient transparence et discussion. C’est notamment le cas de l’avenir du Nutri-Score.  Vous connaissez ?
Conçu en France, en 2017, par une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, avec l’aide de l’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et du Haut conseil de la Santé publique, comme un outil de santé publique de lutte contre les maladies chroniques, le Nutri-Score était officiellement adopté par l’hexagone la même année. Adopté depuis par sept autres pays, l’Allemagne, le Luxembourg, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne, le Nutri-Score est piloté à l’échelle européenne par une gouvernance transnationale et un comité scientifique indépendant. En gros, l’affichage du code couleur Nutri-score relève aussi d’un enjeu de santé publique.
Pourquoi un engagement majeur en matière de santé publique n’a jamais été concrétisé?
Six ans après avoir promis un étiquetage nutritionnel commun à tous les Européens, la Commission européenne n’a toujours présenté aucune proposition. Pire : elle refuse de publier les documents ayant servi à préparer cette réforme.
« La Commission européenne semble vouloir enterrer le Nutriscore. Son comportement dans un dossier important de santé publique et cette absence totale de transparence sont indignes » tempête l’Eurodéputé Yvan Verougstraete (Renew) en charge de la Santé mais aussi de la Protection des consommateurs  au sein de la commission parlementaire qui interpellera cette semaine la Commission européenne afin de faire la lumière sur la question.

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Source: LPOST

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