Condamnation de Grégory Lenoci à 17 ans de prison : « aucune forme de menace et d’intimidation ne peut être tolérée »


Condamnation de Grégory Lenoci à 17 ans de prison : « aucune forme de menace et d’intimidation ne peut être tolérée »
Le collège des cours et tribunaux condamne fermement les « injures et menaces proférées à l’encontre du tribunal » après le jugement condamnant Grégory Lenoci à 17 ans de prison pour avoir massacré son voisin. Il soupçonnait ce dernier d’agression sexuelle sur son beau-fils mineur. Le collège estime que la critique des décisions judiciaires est « légitime » et qu’elle « participe au débat démocratique », mais il refuse que le désaccord ne donne lieu à « appels à se faire justice soi-même ». Il invite les responsables politiques à respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire et à faire preuve de rigueur et de respect quand ils sont amenés à critiquer les décisions de justice. Pour rappel, après le verdict du tribunal correctionnel de Namur, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait jugé que la justice avait la main trop lourde en infligeant une peine de es 17 ans de prison à l’accusé au regard des éléments du dossier. Sa sortie lui avait même valu une sérieuse mise au point de la part d’un mandataire politique de son parti. En attendant, d’après l’ancien mandataire politique, Laurent Louis, soutien de Grégory Lenoci, un nouvel avocat sera désigné et sera chargé d’introduire l’appel contre le jugement du 20 août. En attendant, le condamné purge sa peine à la prison de Lantin.
La condamnation de Grégory Lenoci (49 ans) à 17 ans de prison par le tribunal correctionnel de Namur continue à susciter des réactions. Cette fois, c’est l’institution judiciaire qui monte au créneau pour dénoncer notamment les réactions virulentes prononcées dans la salle d’audience après la lecture du jugement rendu jeudi 20 août 2026. « Justice pedoland ! Vous êtes honteux ! Vous êtes la honte du pays… », avait vociféré jeudi un individu présent dans le public.
Oui aux critiques, non aux menaces et insultes
C’est l’institution judiciaire qui est monté au créneau dimanche pour soutenir les magistrats qui ont prononcé la décision de jeudi. « Le collège des cours et tribunaux condamne avec la plus grande fermeté ces comportements, qui sont incompatibles avec le respect dû aux institutions judiciaires et aux principes fondamentaux de l’Etat de droit. Le collège peut entendre que certaines personnes expriment leur désaccord avec une décision de justice ou avec le raisonnement qui la sous-tend. Dans un Etat démocratique, la critique des décisions judiciaires est légitime et participe au débat public. Toutefois, ce désaccord ne peut en aucun cas justifier des insultes, des menaces ou des appels à se faire justice soi-même », a indiqué le collège dans un communiqué.

BRUNO FAHY
L’accusé Grégory Lenoci réagit lors de l’audience de jugement de son procès pour tentative de meurtre sur la personne de son voisin Marc P., au tribunal correctionnel de Namur, le jeudi 20 août 2026. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).
Dans un Etat démocratique, la critique des décisions judiciaires est légitime et participe au débat public.
L’institution judiciaire précise « qu’aucune forme de menace ou d’intimidation à l’égard de l’ordre judiciaire ne peut être tolérée ». Elle invite également les responsables politiques à plus de retenue quand ils sont amenés à critiquer les décisions de justice.
« Il peut être attendu en particulier des mandataires politiques qu’ils respectent, dans leur communication publique, l’autorité des décisions de justice ainsi que l’indépendance du pouvoir judiciaire. La critique des décisions de justice est légitime dans un État de droit démocratique, mais elle doit s’exprimer avec responsabilité, rigueur et dans le respect de l’Etat de droit et de ses institutions, dont le pouvoir judiciaire constitue l’un des trois pouvoirs de l’Etat », poursuit-il.
Pour rappel, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a critiqué le jugement du 20 août estimant que la peine infligée à Grégory Lenoci est disproportionnée au regard des éléments du dossier. Sa sortie lui a valu un retour de flamme de la part de Pascal Rodeyns, avocat pénaliste et conseiller communal (MR) à Liège.
Un nouvel avocat pour Grégory Lenoci
Le collège des cours et tribunaux rappelle que l’exigence de retenue est nécessaire pour notamment éviter la désinformation et contribuer à maintenir un climat apaisé.
Les déclarations susceptibles d’alimenter la désinformation, les théories complotistes ou la polarisation doivent être évitées.

BRUNO FAHY
L’ancien mandataire politique, Laurent Louis, soutien de Grégory Lenoci, assure que c’est un nouvel avocat qui se chargera d’interjeter appel du jugement du 20 août 2026. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).
« Dans un contexte où la confiance du public envers les institutions doit être préservée, chacun a la responsabilité de contribuer à un débat serein et éclairé, fondé sur les faits et le respect des principes démocratiques. Les déclarations susceptibles d’alimenter la désinformation, les théories complotistes ou la polarisation doivent être évitées. A l’inverse, l’explication, la pédagogie et le dialogue constituent des leviers essentiels au bon fonctionnement de notre démocratie », a conclu le collège des cours et tribunaux.
Désormais condamné, Grégory Lenoci purge sa peine à la prison de Lantin. D’après l’ancien mandataire politique, Laurent Louis, un nouvel avocat devrait être désigné pour interjeter appel contre le jugement du 20 août.
Ph. Law.
Source: LPOST

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