Amnesty : « L’accord de migration Italie/Albanie est un échec d’une cruauté sans nom »
« La délocalisation du traitement des demandes d’asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la sécurité, la liberté et les droits humains de ces personnes », souligne Amnesty International dans un rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta, en Espagne, qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de UE axées de longue date sur l’exclusion et le confinement. Retour su un accord impossible.
Alors que les images de débarquements pour ne pas parler de récents « largages » sur les plages espagnoles, de nombreux migrants continuent de marquer les esprits, le rapport intitulé : « Italy : Extraterritorial migration detention and human rights obligations » se penche sur l’accord signé en 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes.
« La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains », explique Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.
Faire face à la réalité
L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.
Cet accord a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.
Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales. « Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées », poursuit-elle.
Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie (…)
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Source: LPOST
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