La condamnation de Grégory Lenoci à 17 ans de prison pour avoir massacré un pédophile divise le MR


La condamnation de Grégory Lenoci à 17 ans de prison pour avoir massacré un pédophile divise le MR
Avocat pénaliste et conseiller communal bien connu à Liège, Pascal Rodeyns (MR) ne partage pas la critique de son président de parti, Georges-Louis Bouchez. Il estime qu’être libéral, c’est aussi respecter la séparation des pouvoirs « et s’abstenir de commenter une décision de justice à chaud, a fortiori qui va faire l’objet d’un appel ». Il rappelle également que « connaître un dossier pénal ne se résume pas à lire une revue de presse ». Il considère donc que la sortie de son président revient à faire « du populisme de boutiquier ». Jeudi, Georges-Louis Bouchez a sorti une tirade assassine après la condamnation de Gregory Lenoci par le tribunal correctionnel de Namur à 17 ans de prison. Il estime que le jugement est « inique et disproportionné ».
Avis de tempête chez les libéraux ou s’agit-il d’une polémique qui ne fera pas long feu. En tout cas, la condamnation de Gregoy Lenoci à 17 ans de prison par le tribunal correctionnel de Namur provoque des remous au MR. L’homme se voit aussi infliger 10 ans de mise à disposition du Tribunal d’Application des Peines (TAP) pour tentative d’assassinat.
Être libéral, c’est le respect de la séparation des pouvoirs et s’abstenir de commenter une décision judiciaire à chaud, a fortiori qui va faire l’objet d’un appel.
Le conseiller communal liégeois, Pascal Rodeyns, également avocat pénaliste bien connu en Cité ardente, a n’a pas goûté la critique de son président de parti après la condamnation de Gregory Lenoci. « Not in my name ! Être libéral, c’est le respect de la séparation des pouvoirs et s’abstenir de commenter une décision judiciaire à chaud, a fortiori qui va faire l’objet d’un appel. Par ailleurs, connaître un dossier pénal ne se résume pas à lire une revue de presse. C’est du populisme de boutiquier. Mr Bouchez devient-il Boulanger (le général) ? », a-t-il écrit sur Facebook.
Victime dans un état végétatif
Il rejoint ainsi les nombreuses réactions de juristes et avocats qui estiment que la sortie du président du MR est malvenue et qu’il aurait dû s’abstenir. « La condamnation de Monsieur Lenoci est inique et disproportionnée. Bien évidemment, il est hors de question de se faire justice soi-même et une condamnation est nécessaire. Mais 17 années quand on connaît les éléments du dossier, et les lenteurs de la Justice, pose question », avait écrit, jeudi 20 août 2026, Georges-Louis Bouchez sur X (ex-Twitter).
Pour rappel, Grégory Lenoci (49 ans) s’en était violemment pris à Marc P. (50 ans) un voisin qu’il suspectait d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils, un mineur d’âge (7 ans). Le 24 juillet 2025, il avait invité la victime chez lui et l’avait massacré. Il avait filmé sa victime gisant à terre et avait posté la vidéo sur les réseaux sociaux (Facebook).

BRUNO FAHY
L’accusé Grégory Lenoci réagit lors de l’audience de jugement de son procès pour tentative de meurtre sur la personne de son voisin Marc P., au tribunal correctionnel de Namur, le jeudi 20 août 2026. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).
Bien évidemment, il est hors de question de se faire justice soi-même et une condamnation est nécessaire. Mais 17 années quand on connaît les éléments du dossier, et les lenteurs de la Justice, pose question.
Depuis lors, la victime est dans un état végétatif. Grégory Lenoci justifie son intervention par la lenteur de la justice. Il avait porté plainte à la police le 23 juillet contre la victime après avoir recueilli les confidences de son beau-fils. Il aurait appris de la part des policiers que Marc P. est pédocriminel. Il s’est demandé pourquoi 24 heures plus tard, le parquet n’avait pas ordonné son arrestation. Furieux et incapable de contenir sa colère, il passe à l’acte et massacre son voisin, Marc P. avant d’appeler les secours.
La victime est un pédocriminel condamné
Ce n’est pas la première fois que de lourds soupçons pèsent sur la victime. Le 28 juin 2025, un mois avant d’être roué de coups par Gregory Lenoci, un autre papa du quartier et sa fille de 7 ans avaient déposé plainte contre Marc P. à la police de Namur. La plainte accuse celui-ci d’abus sexuels sur la gamine. Celle-ci aurait même décrit des scènes sexuelles précises dans la plainte. La police aurait été informée que les enfants du quartier allaient souvent chez Marc P. pour jouer dans son garage. Le manège durerait depuis au moins un an.
Les enquêteurs ont découvert que Marc P. avait été condamné en 2020 à une peine de 3 ans de prison avec sursis pour des faits de tentative de viol sur mineur et qu’il avait reçu interdiction de fréquenter des enfants. Il ne respectait donc pas les conditions de son sursis et aurait donc dû être arrêté et envoyé en prison.

BRUNO FAHY
Des manifestants se rassemblent devant le tribunal correctionnel de Namur, le jeudi 20 août 2026, pour soutenir Grégory Lenoci avant l’audience de jugement de son procès pour tentative de meurtre sur la personne de son voisin Marc P. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).
Grégory Lenoci décrit comme une personne instable
Ces éléments avancés par l’avocat de de Grégory Lenoci, Me Etienne Gras, n’ont pas convaincu le tribunal qui a considéré (à juste titre) que nul ne peut se faire justice soi-même. Il a annoncé son client ferait appel. Le tribunal a considéré qu’il y a eu préméditation, car Grégory Lenoci avait confié ses intentions à une femme et à un ami. Il leur aurait indiqué avoir invité Marc P. chez lui et qu’il « ne ressortira pas de chez moi vivant ».
Dans son jugement, le tribunal a relevé « l’impulsivité et l’incommensurable violence » dont Grégory Lenoci a fait preuve vis-à-vis de Marc P.
Dans son jugement, le tribunal a relevé « l’impulsivité et l’incommensurable violence » dont Grégory Lenoci a fait preuve vis-à-vis de Marc P. Il a aussi tenu compte du passé judiciaire de l’accusé qui est en double récidive générale. Les expertises le concernant le décrivent comme une personne instable et présentant un risque élevé de passage à l’acte violent nécessitant une intervention urgente.
A l’issue du jugement, Georges-Louis Bouchez a annoncé que son parti « déposera un texte pour qu’une plainte pour pédophilie à l’égard d’une personne déjà condamnée préalablement donne lieu à un enfermement préventif de 48h pour contraindre la Justice à traiter le dossier dans le délai et à établir le niveau de danger réel ».
Ph. Law.
Source: LPOST

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