Karim Bouamrane renvoie le Rassemblement national et La France Insoumise dos à dos : « pour moi, c’est pareil »
Le bureau de Karim Bouamrane à la mairie de Saint-Ouen n’a rien d’un sanctuaire feutré. C’est une pièce baignée par la lumière, où les dossiers s’empilent en piles instables, témoignage d’une gestion municipale qui ne connaît aucun répit. Sur les murs, les portraits officiels de la République côtoient des souvenirs plus intimes, des photos de terrain qui rappellent chaque jour à l’édile d’où il vient. On y sent l’urgence, le poids des arbitrages et cette ébullition permanente qui caractérise une ville en pleine mutation. Installé face à moi, le maire de Saint-Ouen ne se contente pas de gérer sa commune, il conteste frontalement le diagnostic établi depuis Paris. Pour lui, ce bureau est un poste d’observation privilégié : alors que les élites nationales s’enlisent dans des querelles idéologiques, il observe sur le terrain une réalité bien plus prosaïque, et surtout bien plus sociale. L’homme parcourt le cheminement intellectuel de son projet de candidature à la présidentielle d’avril 2027. « Je ferai tout pour qu’il y ait un bulletin Bouamrane et que ce bulletin gagne », confirme le maire de Saint-Ouen.
Pour Karim Bouamrane, tout part d’un constat. « J’ai annoncé ma candidature le 9 juin, l’élection est en avril. Dix mois avant la campagne, sachant qu’il y a un été… ça fait un mois et demi à peu près. C’était un cheminement intellectuel. Ça fait plusieurs années que j’avais ce projet en tête, et l’élément accélérateur, a été le lendemain de la dissolution où tout était bloqué. Il fallait un budget pour faire avancer le pays », dit-il.
Pourquoi me demande-t-on constamment de me définir par mes origines ? Personne ne présente Emmanuel Macron comme un politicien catholique, et personne n’interroge Edouard Philippe sur sa pratique religieuse.
Rassembler les Français de tous horizons
Cette conviction naît d’une rupture historique : « C’était la première fois, depuis 1945, que les deux grands partis traditionnels, gauche et droite, faisaient moins de 5% en 2022. On n’a pas pris conscience de ce que ça signifiait : ces partis n’ont plus la même puissance et il y a une incarnation qui ne peut pas paradoxalement exister s’il n’y a pas de formation politique derrière. J’ai créé La France Humaine et Forte, mon parti, avec 4 000 personnes au lancement. Tous ceux qui étaient là, ce sont des personnes qui ont dû bosser trois, quatre fois plus pour arriver là où ils en sont, quelles que soient leurs origines sociales, leur genre, leurs orientations sexuelles, le nombre d’années passées en France ou leur nationalité. C’est des personnes qui ont une filiation avec le peuple, petit-fils de mineur ou ouvrier, qui ont pu réussir tout en croyant beaucoup en l’Etat républicain ».
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