Affaire Luc Joris : le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, demande un rapport circonstancié à la SNCB
Suite aux confidences enregistrées d’un proche d’Elio Di Rupo publiées dans les médias dont L-Post, le ministre Crucke veut faire la lumière sur le dossier afin de savoir si des irrégularités ont été commises dans les affaires concernant l’entreprise ferroviaire belge. Il faut dire que dans l’un des enregistrements audios, le docteur Luc Joris, à l’époque administrateur à la SNCB, affirme être intervenu dans un dossier de vente d’un terrain de l’entreprise afin d’en réduire le prix de 100 euros le m² afin d’en toucher la différence. Par ailleurs, au niveau wallon, le MR demande l’audition du Dr Joris et d’Elio Di Rupo (PS) « pour comprendre leur rôle respectif dans ces affaires ». Le parti n’exclut pas la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Du côté des présidents des autres partis politiques (PS, Les Engagés), c’est la discrétion, voire un certain embarras, qui domine…
Rebondissement dans le dossier des confidences enregistrées du docteur Luc Joris dont nous avons publié l’intégralité des enregistrements audios. Contacté par nos soins, le cabinet du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) nous a indiqué que celui-ci a demandé « un rapport circonstancié sur le dossier ».
L’objectif, dit-on, est de faire la lumière sur les affirmations du Dr Joris, ancien médecin personnel d’Elio Di Rupo (PS) sur un dossier concernant la SNCB.
L’objectif, dit-on, est de faire la lumière sur les affirmations du Dr Joris, ancien médecin personnel d’Elio Di Rupo (PS) sur un dossier concernant la SNCB. En effet, dans un des enregistrements, le Dr Joris évoque un « deal » impliquant Eurostation, une filiale de la SNCB. Ici, l’administrateur socialiste de l’entreprise ferroviaire qu’il est intervient pour favoriser la vente d’un terrain de la SNCB à la banque Optima (finalement tombée en faillite) pour un montant inférieur de 100 euros au prix que voulait l’entreprise ferroviaire. Au lieu de 982 euros le m², l’acheteur aurait payé 882 euros. Il faut dire que le terrain a finalement été acheté par Land Invest Group (LIG).
Intervention d’Elio Di Rupo dans le dossier Ogeo Fund
Un enregistrement concerne d’ailleurs LIG, un dossier dans lequel le docteur Luc Joris dit avoir fait intervenir Elio Di Rupo pour qu’il force la vente des parts que détient Ogeo Fund (50%) dans Land Invest à un promoteur immobilier anversois (Triple Living), alors que des négociations exclusives étaient nouées entre Nova Holding (propriété de l’homme d’affaires bruxellois, Dominique Janne) et les dirigeants du fonds de pension liégeois.
Mon intervention a fait que, par au-dessus, Elio (Di Rupo, ndlr) a téléphoné à Jean-Claude (Marcourt), Jean-Claude a téléphoné à Ogeo pour dire qu’il faut vendre.
« Moi, j’ai fait en sorte que Cavens (père et fils fondateurs et patrons de Triple Living, ndlr) puisse acheter les 50% d’Ogeo. (…). Mon intervention a fait que, par au-dessus, Elio (Di Rupo, ndlr) a téléphoné à Jean-Claude (Marcourt), Jean-Claude a téléphoné à Ogeo pour dire qu’il faut vendre… Mais personne ne sait ce qui est en jeu… », raconte Luc Joris dans l’un des enregistrements.
Après avoir pris connaissance des enregistrements que nous lui avons soumis, Dominique Janne a décidé de se tourner vers la Justice pour dénoncer le jeu d’influence qui s’est joué en sa défaveur d’autant plus le docteur Luc Joris confirme avoir reçu 350.000 euros de la part de Land Invest pour avoir fait intervenir l’ancien Premier ministre et ancien président du PS dans le dossier.
Le député wallon, Guillaume Soupart interpellera le ministre Pierre-Yves Jeholet (MR), autorité de tutelle des outils économiques wallons où le docteur Luc Joris avait été administrateur. Photo BELGA.
On ne pas faire comme si de rien n’était
Parallèlement à l’initiative du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, le MR repart au front sur le dossier après avoir obtenu une réponse insatisfaisante de la part du ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes (Les Engagés) sur le dossier. Cette fois, le parti va plus loin. Le MR relève que les enregistrements « ont mis en lumière des déclarations choquantes et des pratiques douteuses, évoquant notamment des ventes de terrains à des prix sous-évalués, des conflits d’intérêts potentiels et des problèmes d’influence. Bien que la présomption d’innocence doive être respectée, ces révélations rappellent les scandales passés en Wallonie, comme Publifin ou Nethys, qui avaient conduit à la création de commissions parlementaires pour renforcer la gouvernance des intercommunales et des structures publiques ».
Il est essentiel de faire toute la lumière sur ces affaires, pour garantir la transparence et la confiance des citoyens dans la gestion publique.
Le député wallon, Guillaume Soupart (MR) qui avait posé la question en séance plénière mesure la gravité des révélations du Dr Joris. « Ces révélations posent question. On ne peut pas faire comme si de rien n’était, surtout quand on parle de structures aussi importantes que la Sogepa (aujourd’hui Wallonie Entreprendre), ndlr), FN Herstal ou la SNCB. Il est essentiel de faire toute la lumière sur ces affaires, pour garantir la transparence et la confiance des citoyens dans la gestion publique », dit-il.
Menace d’une commission d’enquête parlementaire
Après la réponse du ministre Desquesnes, il estime qu’il faut faire toute la lumière dans le dossier pour des questions de transparence et de bonne gouvernance. « Le Parlement de Wallonie doit pouvoir auditionner Luc Joris ainsi qu’Elio Di Rupo pour comprendre leur rôle respectif dans ces affaires et évaluer si une commission d’enquête doit être mise en place. La transparence est non négociable : les citoyens méritent des réponses claires sur l’utilisation des fonds publics et l’intégrité des décisions prises », poursuit Guillaume Soupart.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez n’exclut pas de demander la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Photo BELGA.
Des observateurs estiment qu’il serait judicieux d’auditionner également d’autres acteurs des différents dossiers dont parle le Dr Joris (anciens dirigeants d’Ogeo Fund ou de la SNCB, etc.).
Le MR appellera à la création d’une commission parlementaire si les auditions révèlent des manquements avérés ou des zones d’ombre persistantes.
Son président de parti va plus loin dans les démarches. « Le MR appellera à la création d’une commission parlementaire si les auditions révèlent des manquements avérés ou des zones d’ombre persistantes. L’objectif : rétablir la confiance dans la gestion des participations publiques et garantir que tous les acteurs (y compris la Justice) disposent des éléments nécessaires pour agir. La transparence doit être faite dans ces trop nombreuses intercommunales », dit Georges-Louis Bouchez.
Contacté par nos soins, le président du PS, Paul Magnette n’a pas répondu à nos sollicitations. L’entourage de son homologue des Engagés, Yvan Verougstraete, rappelle que le ministre Crucke a déjà demandé un rapport circonstancié dans le dossier…
Source: LPOST

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