La Finlande : 31ème membre de l’OTAN et nouvelle pièce maîtresse de l‘Alliance


La Finlande : 31ème membre de l’OTAN et nouvelle pièce maîtresse de l‘Alliance
L’Europe se barricade depuis plus d’un an face à la menace russe avec la bénédiction américaine. Alors que l’OTAN était, depuis plusieurs années, en état de « mort cérébrale », comme l’avait déclaré le Président français Emmanuel Macron, le Président russe, Vladimir Poutine, est arrivé au résultat contraire escompté depuis son agression contre l’Ukraine le 24 février 2022 : la résurrection !
Le soutien occidental, de l’OTAN et de l’Union européenne, à l’Ukraine depuis le début de l’offensive du Président russe, Vladimir Poutine, s’était matérialisé jusque-là par un soutien politique, économique et militaire sans pour autant répondre positivement au président ukrainien Volodymyr Zelensky, sur ses demandes d’adhésion, et à l’UE et à l’OTAN. Plusieurs pays européens se sentent sous la menace directe du Kremlin et ont profité de la guerre pour renouveler leur souhait de rejoindre l’alliance transatlantique et profiter de l’effet d’aubaine. C’est ainsi le cas de la Finlande et de la Suède, historiquement « neutres » à l’égard de l’ouest et de l’est, alors que des pays comme la Pologne, craignaient toujours autant pour leur sécurité même en étant déjà membres. Les Etats baltes, inquiets au regard des velléités de Moscou, voient l’arrivée de la Finlande d’un bon œil puisqu’elle fait désormais tampon. L’adhésion à l’OTAN est donc tout de même un puissant levier de sécurité pour ces pays.
La Finlande aux premières loges de la menace russe
Mais la procédure expresse n’a pas été si évidente. Jusque-là, la Turquie, puissant membre de l’OTAN, deuxième plus grosse armée de l’alliance, proche de la Russie sur certains dossiers, moins sur d’autres, s’était opposée à l’entrée de ces deux pays demandeurs (Suède, Finlande). La Suède reste le pire des dossiers pour Ankara, puisque le président turc Recep Tayyip Erdogan accuse Stockholm d’apporter un soutien aux revendications kurdes dans son propre pays. C’est pour cela qu’il ne s’est pas encore prononcé clairement, tout comme Viktor Orban, le Président hongrois pro-russe. Pour la Finlande, c’était un peu moins complexe. Preuve en est : la Turquie a finalement donné son accord et depuis mardi 4 avril, l’OTAN a doublé ses frontières avec la Russie en intégrant Helsinki. En effet, la Finlande, désormais 31è membre de l’alliance, était aux premières loges de la menace russe : elle a plus de 1.340 kilomètres de frontières communes avec la Russie. Désormais, un mur sera construit sur toute la frontière.

Le président finlandais Sauli Niinisto (à gauche sur la photo) et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg (à droite), donnent une conférence de presse lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’OTAN, au siège de l’OTAN à Bruxelles, le 4 avril 2023. AFP
Le président finlandais Sauli Niinisto (à gauche sur la photo) et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg (à droite), lors d’une conférence de presse à Bruxelles le jour de l’adhésion de la Finlande à l’Alliance. (AFP)
Mais les choses changent désormais pour elle : à la moindre agression russe, l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord lui doit soutien et ce, de la part de tous ses membres. Dans la foulée, Moscou a réagi vivement en annonçant renforcer ses capacités militaires sur place de manière considérable, dans l’ouest du pays et le nord-ouest. Si l’OTAN déploie des équipements militaires, Moscou promet une riposte. Que peut apporter concrètement Helsinki à l’Alliance ? La Finlande dispose d’une armée puissante. Sur une population de 5 millions d’habitants, elle peut mobiliser 300.000 hommes et elle dispose d’une réserve de 900.000 soldats, soit un Finlandais sur 5 ! Équipée d’une lourde artillerie, elle dispose aussi d’avions de combat F35.
Le président finlandais, Sauli Niinistö, a remercié l’ensemble des pays membres de l’OTAN en promettant que « La Finlande sera(it) un allié fort et capable, engagé pour la sécurité de l’alliance ». Dans la foulée, Jens Stoltenbeg, le Secrétaire général de l’alliance a assuré qu’un jour l’Ukraine deviendrait membre aussi. Mais une fois la guerre terminée…
Sébastien Boussois
Docteur en sciences politiques, chercheur monde arabe et géopolitique, enseignant en relations internationales, collaborateur scientifique du CECID (Université Libre de Bruxelles), du CNAM Paris (Equipe Sécurité Défense) et du NORDIC CENTER FOR CONFLICT TRANSFORMATION (NCCT Stockholm)
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Source: LPOST

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