L’université de Gand au cœur d’une polémique après avoir suspendu le chercheur ayant accusé Jason Arday de plagiat


L’université de Gand au cœur d’une polémique après avoir suspendu le chercheur ayant accusé Jason Arday de plagiat
L’université de Gand a annoncé jeudi 20 août l’ouverture d’une « enquête disciplinaire préliminaire » visant le chercheur. Dans son communiqué, l’établissement ne cite pas directement son nom, mais Nathan Cofnas a lui-même confirmé sur le réseau social X (ex-Twitter) avoir été suspendu. Il a déclaré être « à peu près certain » que l’université allait mettre fin à ses fonctions. Une lettre de soutien s’opposant à une sanction à son encontre a déjà rassemblé plus de 700 signatures dont celles de du psychologue Steven Pinker (Harvard), du physicien David Deutsch (Oxford), de l’ancien professeur Lawrence Krauss (Arizona State University) et du philosophe belge Maarten Boudry.
La décision de l’Université de Gand (UGent) fait polémique depuis plusieurs jours. La suspension concerne les activités de recherche postdoctorale du chercheur Nathan Cofnas. La décision a été prise « à titre préventif », le temps de déterminer si les faits reprochés sont suffisamment établis pour justifier la transmission du dossier à l’instance disciplinaire compétente. L’université précise ainsi qu’aucune conclusion définitive n’a encore été tirée concernant la responsabilité du chercheur.
Tension autour du décès du Pr britannique, Jason Arday
La décision de l’université de Gand intervient dans un climat particulièrement sensible. Jason Arday, âgé de 41 ans au moment de son décès, avait démissionné de son poste de professeur à Cambridge au début du mois d’août, après que des accusations de plagiat concernant plusieurs de ses travaux eurent pris une ampleur considérable dans les médias britanniques.
Les accusations avaient été relancées en juillet par Nathan Cofnas, qui affirmait avoir identifié de nombreux cas de plagiat dans les travaux universitaires de Jason Arday. Le professeur britannique avait contesté ces accusations. Des allégations similaires avaient déjà circulé plusieurs années auparavant, sans toutefois conduire à une conclusion définitive.
La rectrice de l’université de Gand, Petra De Sutter, a exprimé son émotion après le décès de Jason Arday. Elle a estimé que cette affaire devait conduire le monde universitaire à réfléchir à la manière dont les chercheurs et les enseignants se traitent les uns les autres.
Après la mort de Jason Arday, sa famille a dénoncé ce qu’elle considère comme une véritable « campagne de harcèlement ». Des milliers de personnes, parmi lesquelles des parlementaires britanniques, ont également signé une pétition demandant une enquête sur le traitement médiatique réservé au professeur. La rectrice de l’université de Gand, Petra De Sutter, a exprimé son émotion après le décès de Jason Arday. Elle a estimé que cette affaire devait conduire le monde universitaire à réfléchir à la manière dont les chercheurs et les enseignants se traitent les uns les autres.
Nathan Cofnas au cœur de la controverse
Nathan Cofnas est un chercheur connu pour ses prises de position controversées sur les questions liées à la race, à l’intelligence et à la diversité. Il se définit notamment comme un « réaliste racial ». Avant de rejoindre l’université de Gand, il avait été écarté de ses fonctions à Cambridge en 2024.
Pour les défenseurs de Jason Arday, l’affaire ne peut être réduite à une simple controverse sur l’intégrité scientifique. Ils dénoncent notamment la multiplication des attaques publiques et leur amplification dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Ses accusations contre Jason Arday ont rapidement dépassé le cadre strictement académique. Une partie de la presse britannique et plusieurs commentateurs conservateurs ont largement relayé les soupçons de plagiat. Certains ont également affirmé que la carrière de Jason Arday avait été favorisée par les politiques de diversité, d’égalité et d’inclusion mises en œuvre dans les universités britanniques.
Une photo du regretté professeur de Cambridge, Jason Arday, est présentée avec des hommages floraux, accrochés aux grilles par ses sympathisants autour de la Senate House de l’Université de Cambridge, dans la ville de Cambridge, dans l’est de l’Angleterre, le 18 août 2026, suite à son décès à l’âge de 41 ans le 14 août. (Chris RADBURN / AFP).
Ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions. Pour les défenseurs de Jason Arday, l’affaire ne peut être réduite à une simple controverse sur l’intégrité scientifique. Ils dénoncent notamment la multiplication des attaques publiques et leur amplification dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Un parcours universitaire exceptionnel
La controverse contraste fortement avec le parcours de Jason Arday. Né avec un diagnostic d’autisme durant son enfance, il avait connu une progression académique remarquable avant d’accéder à l’un des postes les plus prestigieux du monde universitaire britannique.
En mars 2023, à l’âge de 37 ans, Jason Arday était devenu le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université de Cambridge.
En mars 2023, à l’âge de 37 ans, il était devenu le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université de Cambridge. Sa nomination avait alors bénéficié d’une importante couverture médiatique, notamment en raison de la faible représentation des minorités et des femmes dans les rangs les plus élevés des universités britanniques.
Spécialiste de sociologie de l’éducation et des questions liées aux inégalités sociales, Jason Arday était devenu une figure importante des débats sur la diversité dans l’enseignement supérieur britannique.
Le débat sur le traitement médiatique
Au-delà des accusations de plagiat, l’affaire soulève désormais une question plus large sur les limites de la critique publique dans le monde académique. Les accusations portant sur l’intégrité scientifique doivent pouvoir être examinées de manière rigoureuse et indépendante. Mais la multiplication des attaques personnelles et leur diffusion massive sur les réseaux sociaux posent également la question des conséquences humaines d’une controverse universitaire.
Des sympathisants participent à une veillée en hommage au professeur Jason Arday, décédé à l’âge de 41 ans le 14 août, sur la place du marché de Cambridge, dans l’est de l’Angleterre. (Chris RADBURN / AFP).
Une lettre de soutien au chercheur Cofnas s’opposant à toute sanction le visant a déjà rassemblé plus de 700 signatures.
Pour l’heure, aucune conclusion définitive n’a été annoncée concernant cette procédure. La mort de Jason Arday fait, elle, l’objet d’une attention particulière au Royaume-Uni, tandis que sa famille et plusieurs personnalités publiques demandent que les circonstances ayant entouré les dernières semaines de sa vie soient examinées avec sérieux.
En attendant, deux camps s’opposent en Belgique : celui qui soutient les sanctions contre le chercheur Cofnas et celui des défenseurs de ce derniers. Une lettre de soutien au chercheur Cofnas s’opposant à toute sanction le visant a déjà rassemblé plus de 700 signatures dont celles du psychologue Steven Pinker (Harvard), du physicien David Deutsch (Oxford), de l’ancien professeur Lawrence Krauss (Arizona State University) et du philosophe belge Maarten Boudry. Les signataires estiment que Nathan Cofnas n’a fait qu’exercer sa liberté académique et qu’il ne mérite pas d’être sanctionner.
Gérard Beogo (st)
Source: LPOST

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