« Le club des assassins », le roman belge à dévorer cet été


« Le club des assassins », le roman belge à dévorer cet été
S’il est un auteur belge qui mérite toute votre attention, c’est bien Arnaud Nihoul. Avec son dernier roman, vous allez d’autant plus savourer vos lectures estivales. Ce fils de Liège, tel un autre romancier devenu célèbre, vivant dans le namurois signait au printemps, un 5ème roman d’exception. Un de plus oserait-on dire. Avec « Le club des assassins », paru chez Genèse Editions, l’auteur nous livre cette fois toute son expertise des romans policiers, tout en humanité et bienveillance sur fond d’une double enquête passionnante ancrée au cœur de Paris. Un énième roman palpitant mêlant intrigues bien ficelées et qualité littéraire. On a dévoré. On en redemande déjà.
Si vous cherchez un roman pour l’été pour lire ici ou là-bas, ne cherchez plus. Arnaud Nihoul est l’un des auteurs à suivre. Après le sublime « La villa Aigue-marine » (2025), l’auteur a changé de décor pour nous transporté dans « Le club des assassins » au cœur de l’île Saint-Louis, en plein Paris, militairement barricadée suite au vol de La Joconde.
Quand les éléments se déchainent sur l’île Saint-Louis
Fini les vagues et les maisons haut perchée en Bretagne ou ailleurs, ce 5ème roman, véritablement policier, aborde subtilement cette fois, le vol d’une œuvre d’art et la disparition brutale d’un magistrat à la retraite passionné d’enquêtes et à la tête d’un club amateurs de lecteurs passionnés de romans…policiers.
Face au vol du siècle, il se dit que le responsable s’est réfugié sur la petite île historique d’habitude si tranquille. Au cœur de ce siège, Abel Saint-Yves et Morgane Calissier, un vieux loup solitaire aux méthodes simenoniennes et une nouvelle recrue émergeant des stup’ enquêtent de concert sur la mort du distingué magistrat, Ludovic Hauterive, retrouvé dans une bibliothèque fermée à clé. Tout ressemble à un suicide ? Et qu’est donc devenue Mona Lisa ?
Au cœur de l’intrigue, les protagonistes du fameux club littéraire amateur.  Six personnes d’apparence ordinaire, au passé parfois trouble et aux secrets bien gardés. Et si l’un d’eux avait fait le coup ? Et si c’était un meurtre collectif savamment orchestré à l’Agatha Christie ?
Tout y est. Des intrigues posées à un rythme qui ne permet pas d’en perdre une miette, à moins que cela ne soit le style qui nous donne nulle envie de lâcher prise; des enquêtes qui posent bien des questions.

On y retrouve un duo de flics comme on les aime, différents et complémentaires, une humanité à laquelle Nihoul aime être fidèle et des références littéraires policières à tout va. L’occasion pour les amateurs du genre de revoir leurs classiques en suivant les interventions parfois sévères mais toujours sincères d’Abel Saint-Yves. Tiens, et si les deux enquêtes, pourtant menées au départ par des équipes différentes, étaient liées ?
Le suspens à tous les étages
Le suspense est partout. On aime les méthodes de Saint-Yves et les observations de Calissier, son homologue féminin. On appréciera aussi leur complicité qui nait pas à pas comme on tâtonne dans une enquête complexe; ce roman est riche aussi des profils  personnels et professionnels des protagonistes en présence. Les membres de ce club des assassins ont tout pour faire de parfaits coupables. Mais le sont-ils? Et si c’était l’un d’eux…ou pas ?
Ce 5ème opus nous emporte, nous entraine en plein siège, au cœur de Paris, du Louvre à l’ile de la Cité; on y est dans cette bibliothèque ensanglantée. Y a quelque chose de Maigret là-dessous, à moins que cela ne soit du Maurice Leblanc ou simplement le talent d’Arnaud Nihoul. L’inspecteur, c’est le lecteur, tout simplement. « Le club des assassins » est un roman parfaitement maitrisé, blindé de références littéraire qui nous rappellent que le genre policier n’a eu de cesse de faire des émules et l’auteur, architecte de formation, nous livre ici l’une de ses plus belles réalisations, digne des plus grands maîtres du genre.
Après le magistral Caitlin, en 2019, avec lequel il remporta le Prix Saga du Meilleur premier roman de l’année, après Claymore (2020), Le témoin silencieux (2023) et La villa Aigue-marine (2025),  tous parus chez Genèse Editions, des romans à suspense entre mer et ciel, le plus souvent, Arnaud Nihoul signe ici un nouveau roman plus urbain qu’à l’accoutumée, parfaitement abouti, mêlant intrigues rondement menées, finesse d’écriture, tendres descriptions (sans prétention) et une double enquête passionnante dont on regrette de lire la résolution tant on en aurait bien encore repris quelques pages.
Un coup de maître pour un auteur qui mérite bien des bravos et des encore!
Un policier comme les aime, pour autant qu’on apprécie le genre véritable.
 
 
Source: LPOST

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