FIFA : secoué par les critiques et confronté à des défections, Gianni Infantino présente des excuses
Sous pression depuis plusieurs semaines, Gianni Infantino tente de sauver sa présidence et s’assurer une réélection. Réunie en urgence mercredi 5 août à Rabat (Maroc), la FIFA a reconnu des erreurs et présenté ses excuses, tout en renouvelant son soutien au président italo-suisse. Une séquence qui permet au président de la Fédération international de football de gagner du temps alors que les critiques contre sa gouvernance se multiplient. La FIFA veut désormais faire taire les critiques en menaçant les auteurs. Parmi les membres du Conseil figure notamment Pascale Van Damme, présidente de l’Union belge de football. De son côté, l’UEFA maintient son boycott malgré l’abandon du projet de privatiser l’organisation des mondiaux de foot.
La crise qui secoue la Fédération internationale de football association (FIFA) a conduit ses principaux responsables à se réunir mercredi soir à Rabat, au Maroc. Alors que la position de Gianni Infantino est fragilisée, cette réunion de crise visait notamment à préserver la stabilité de l’institution.
Dans un communiqué publié mercredi soir, 5 août, après la rencontre, la FIFA a reconnu ses erreurs et présenté ses excuses dans une lettre adressée à son Conseil. Un mea culpa destiné à restaurer la confiance envers l’instance dirigeante du football mondial et désamorcer les tensions sans remettre directement en cause la position de son président.
Les membres du Conseil de direction de la FIFA présents ont réaffirmé leur plein soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, en tant que seul responsable élu par les 211 associations membres de la FIFA.
La direction de la FIFA concède que « des erreurs ont été commises », après les fuites dans les médias concernant le projet de son patron de créer une société chargée de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Des cadres de la FIFA ont pris leurs distances vis-à-vis de Gianni Infantino.
Un soutien renouvelé à Infantino
Malgré les critiques, Gianni Infantino conserve le soutien de la direction de la FIFA. Le Secrétaire Général Mattias Grafström et les membres du Conseil présents à Rabat ont réaffirmé leur soutien au président lors de cette rencontre. « Les membres du Conseil de direction de la FIFA présents ont réaffirmé leur plein soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, en tant que seul responsable élu par les 211 associations membres de la FIFA », lit-on dans le communiqué.
Cette sortie pourrait s’apparenter à une tentative de Gianni Infantino visant redorer son blason et lui permettre de maintenir à la tête de l’organisation.
Pour Infantino, ce soutien constitue une bouffée d’oxygène. Il lui permet de repousser, au moins temporairement, les interrogations sur son avenir.
Le logo de la FIFA est visible au siège régional Afrique de la fédération à Salé, le 5 août 2026. Le président Gianni Infantino a tenu des discussions d’urgence avec d’autres directeurs de la FIFA au Maroc le 5 août, a indiqué une source à l’AFP, sur fond de vives critiques concernant son projet, désormais abandonné, d’ouvrir la Coupe du monde aux investissements privés. (Abdelmajid BZIOUAT / AFP).
La FIFA menace
Après cette réunion de crise, Infantino a affiché une volonté de rassemblement. Il estime que l’issue de la rencontre doit permettre de renforcer la gouvernance de la FIFA et de « rétablir la confiance envers l’institution ».
Le président promet également davantage de transparence et d’unité dans la préparation des prochains grands événements du football mondial.
Le projet ayant été abandonné, il est entendu que la FIFA ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité, à sa bonne gouvernance et à son respect des procédures régulières et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son nom et sa réputation.
L’instance dirigeante du foot mondial se montre menaçante. « Le projet ayant été abandonné, il est entendu que la FIFA ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité, à sa bonne gouvernance et à son respect des procédures régulières et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger et préserver son nom et sa réputation », poursuit le texte.
Le Maroc, un soutien stratégique
Le choix de Rabat prend une dimension particulière dans cette crise. Le Maroc accueillera une partie de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
Selon le journaliste du Times Martyn Ziegler, Infantino n’envisagerait pas de démissionner et chercherait au contraire à conserver son poste. Le soutien marocain pourrait ainsi être déterminant dans sa stratégie.
La question de la finale du Mondial 2030 reste toutefois sensible. Infantino aurait proposé qu’elle se joue au futur stade Hassan-II de Casablanca, tandis que l’Espagne souhaite qu’elle soit organisée sur son territoire.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, dit avoir perdu toute confiance en le patron de la FIFA, Gianni Infantino. (Dave Chan / AFP).
L’UEFA maintient son boycott
Le mea culpa de la FIFA permet à Infantino de gagner du temps. Mais les excuses de l’institution ne suffisent pas à effacer les critiques qui pèsent sur sa gouvernance.
Et la polémique est loin d’être close. Mercredi, le Premier ministre canadien Mark Carney a ajouté sa voix à celle de son homologue britannique Andy Burnham pour fustiger le patron de la FIFA.
Je n’ai certainement aucune confiance en M. Infantino, après ce qui s’est passé.
« Je n’ai certainement aucune confiance en M. Infantino, après ce qui s’est passé. L’idée qu’une bonne gouvernance consiste à ne pas divulguer d’informations à ses plus proches conseillers […] c’est fatal », a martelé Mark Carney.
Vendredi, M. Burnham avait jugé que Gianni Infantino était « la mauvaise personne pour diriger » la FIFA.
De son côté, l’UEFA a réitéré sa menace de boycott malgré l’abandon du projet. La Confédération européenne de football (UEFA) a indiqué jeudi que sa décision de boycotter les compétitions de la FIFA, notamment les coupes du monde, était toujours d’actualité. « Les fédérations membres de l’UEFA ont été très claires sur les conditions liées à leur non-participation aux compétitions de la FIFA », détaille l’instance européenne dans une déclaration transmise à l’AFP.
Outre le retrait du projet de la Fifa – une exigence déjà obtenue –, l’UEFA exige « que des assurances soient faites que de telles tentatives de défigurer le football de cette manière ne puissent jamais se reproduire ». Elle estime que « ces conditions n’ont pas été remplies » et soutient « avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino ».
Gérard Beogo (st)
Source: LPOST

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