Bellerue : Christian Kizito veut réinventer le taxi à Bruxelles avec une plateforme sans commission. Et concurrencer Uber ?
Une start-up bruxelloise entend bousculer les codes du secteur du taxi. Fondée par Christian Kizito, ancien chauffeur de taxi devenu entrepreneur, Bellerue Technologies SRL mise sur un modèle économique présenté comme une alternative aux plateformes traditionnelles : aucune commission prélevée sur les courses. L’application mobile doit être lancée en septembre 2026.
Le secteur de la mobilité urbaine pourrait connaître une nouvelle évolution avec l’arrivée de Bellerue, une start-up bruxelloise spécialisée dans la réservation de taxis. A sa tête, Christian Kizito, entrepreneur belge et ancien chauffeur de taxi, entend proposer un modèle qui place les professionnels du secteur et les passagers au centre de l’écosystème.
Son projet est né d’une expérience directe du terrain. Pendant cinq ans, il a exercé comme chauffeur de taxi et effectué plus de 14 000 courses via différentes plateformes de réservation.
Cette expérience lui a permis d’observer de près les difficultés rencontrées par les chauffeurs, notamment la pression économique exercée par les commissions prélevées sur les courses.
De chauffeur de taxi à fondateur d’une start-up
Christian Kizito ne découvre donc pas le secteur de la mobilité depuis un bureau. Son parcours entrepreneurial s’appuie sur plusieurs années passées au volant d’un taxi dans les rues de Bruxelles.
« Cette expérience de terrain m’a permis de comprendre les défis quotidiens auxquels sont confrontés les chauffeurs, mais aussi les attentes des passagers », souligne-t-il.
C’est précisément cette connaissance du terrain qui l’a conduit à imaginer Bellerue. Selon lui, une partie des revenus générés par les chauffeurs est absorbée par les commissions des plateformes. « Bellerue est née d’une conviction simple : la technologie doit créer de la valeur pour ceux qui la font vivre, et non l’inverse », affirme le fondateur.
Cette expérience de terrain m’a permis de comprendre les défis quotidiens auxquels sont confrontés les chauffeurs, mais aussi les attentes des passagers.
La start-up veut ainsi remettre le chauffeur au cœur du système, tout en proposant aux passagers une expérience présentée comme plus transparente et prévisible.
Le fondateur de la nouvelle plateforme, Bellerue, Christian Kizoto, lors d’une présentation de son projet. D.R.
Le pari du « 0% de commission »
La principale innovation présentée par Bellerue réside dans son modèle économique. Contrairement aux plateformes qui prélèvent une commission sur les courses, Bellerue adopte un modèle par abonnement. Les chauffeurs conservent ainsi 100% de leurs revenus, tandis que la plateforme se finance grâce à des abonnements et des services professionnels destinés aux acteurs du secteur du taxi. « Notre objectif est de construire une mobilité plus équitable, où les chauffeurs conservent 100% du montant de leurs courses tout en offrant aux passagers un service transparent, fiable et à un prix juste », explique Christian Kizito.
Notre objectif est de construire une mobilité plus équitable, où les chauffeurs conservent 100% du montant de leurs courses tout en offrant aux passagers un service transparent, fiable et à un prix juste.
Pour le fondateur, cette approche répond à une double demande. D’un côté, les chauffeurs cherchent davantage de rentabilité, de liberté et de visibilité sur leurs revenus. De l’autre, les passagers peuvent pouvoir compter sur un service fiable, avec des tarifs compréhensibles et plus abordables. « En supprimant les commissions sur les courses, nous améliorons directement les revenus des chauffeurs en le motivant tout en créant les conditions d’une mobilité plus accessible », estime-t-il.
Bellerue ne souhaite donc pas se présenter comme une simple application supplémentaire de réservation. « Nous ne sommes pas simplement une nouvelle application. Nous proposons un nouveau modèle économique qui replace les intérêts des chauffeurs et des clients au cœur du système », insiste Christian Kizito.
Une start-up déjà engagée dans son développement
Bellerue dispose notamment d’une licence officielle d’intermédiaire de réservation délivrée par Bruxelles Mobilité pour une durée de sept ans.
Pour Christian Kizito, cette autorisation constitue une étape importante dans la construction de la start-up. L’entreprise a également été sélectionnée dans plusieurs programmes d’accompagnement consacrés aux start-ups, à l’innovation et au monde académique.
Notre plus grande récompense reste aujourd’hui la confiance que nous accordent les acteurs du secteur.
Bellerue a par ailleurs participé au concours Belgium Start-up Award 2026. Selon son fondateur, la start-up a été retenue dans le cadre de la sélection du pitch parmi 70 jeunes pousses venues de différentes régions du pays. « Notre plus grande récompense reste aujourd’hui la confiance que nous accordent les acteurs du secteur », affirme-t-il.
MATEUSZ KUKULKA
La jeune entreprise Bellerue pourra-t-elle concurrencer le géant Uber? (BELGA PHOTO MATEUSZ KUKULKA).
Plus de 2 500 chauffeurs dans son réseau
L’ambition de Bellerue ne se limite pas à quelques partenaires bruxellois. La start-up indique disposer aujourd’hui d’un réseau de plus de 2 500 chauffeurs professionnels constitué au fil des années d’activité de son fondateur dans le secteur.
Tous ne sont toutefois pas encore des chauffeurs actifs sur la plateforme. L’objectif affiché est d’atteindre 300 chauffeurs actifs d’ici la fin de 2026, avant d’accélérer le déploiement à l’échelle nationale.
Notre ambition est de démontrer qu’une start-up belge peut proposer une innovation capable de transformer durablement le secteur de la mobilité.
Pour Christian Kizito, cette croissance devra être progressive. La première étape consiste à réussir l’implantation de Bellerue dans la capitale belge, avant d’étendre progressivement le service aux principales villes du pays. « Notre ambition est de démontrer qu’une start-up belge peut proposer une innovation capable de transformer durablement le secteur de la mobilité », déclare son fondateur.
La start-up entend ainsi développer une technologie belge capable de créer de la valeur localement, de soutenir les entreprises de taxi et, à terme, de contribuer à la création d’emplois.
Une application attendue en septembre
Le prochain rendez-vous important pour Bellerue est fixé à septembre 2026. C’est à cette période que l’application mobile devrait être lancée sur l’App Store et Google Play.
Le choix est stratégique : la start-up veut démontrer qu’un modèle économique alternatif peut être viable dans un secteur fortement concurrentiel.
Cela nous permet de proposer des prix transparents, prévisibles et justes, sans recourir à des algorithmes qui augmentent artificiellement les tarifs en fonction de la demande.
La start-up affirme également ne pas vouloir fonder ses revenus sur le prix des courses. Elle entend ainsi éviter, selon son fondateur, les mécanismes de tarification susceptibles d’augmenter artificiellement le prix en fonction de la demande.
« Cela nous permet de proposer des prix transparents, prévisibles et justes, sans recourir à des algorithmes qui augmentent artificiellement les tarifs en fonction de la demande », explique-t-il. Dans un marché où les plateformes numériques ont profondément transformé les habitudes de déplacement de la population, Bellerue fait ainsi le pari de conjuguer technologie, rentabilité et équité.
Reste désormais à transformer cette promesse en réalité, d’abord dans les rues de Bruxelles, puis, si le pari est réussi, au-delà des frontières belges.
Gérard Beogo (st)
Source: LPOST

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