Transport en commun : un ouvrage historique célèbre les 50 ans du métro bruxellois


Transport en commun : un ouvrage historique célèbre les 50 ans du métro bruxellois
Alors que l’évènement semble passer sous silence à la Stib ou, à tout le moins, dans une certaine discrétion, il est le point central d’un ouvrage co-écrit par deux anciens ingénieurs du service d’études de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (Stib). Il s’agit d’une initiative extérieure à leur ancien employeur. Ils retracent l’historique du métro. La polémique sur le dossier de l’extension du métro 3 expliquerait la discrétion de la Stib…
Le 20 septembre 1976, le Roi Baudouin inaugurait le tout premier tronçon du métro bruxellois, entre De Brouckère et les banlieues de Woluwe Saint-Lambert et Auderghem. Après des années interminables de chantiers ayant assez fort défiguré le centre-ville de la Capitale, les usagers pouvaient découvrir ce moyen de transport de mobilité douce.
Profil bas de la Stib
La Stib, société exploitante du réseau bruxellois des transports en commun, ne déborde pas d’enthousiasme pour fêter ce 50ème anniversaire, et c’est, dit-on, un peu forcée qu’elle organisera, le dimanche sans voitures du 20 septembre 2026, parallèlement à une journée portes ouvertes au dépôt molenbeekois Jacques Brel du métro, et après une exposition rétrospective de photos dans la station Botanique.
Et c’est tout, rien de plus, pas de timbre-poste, pas de médaille ou de pièce de monnaie, ni discours ni évènement particulier.
La polémique actuelle sur l’extension de la ligne de métro 3 au-delà de la Gare du Nord vers Schaerbeek et Evere explique certainement ce peu d’enthousiasme pour célébrer le succès du métro.
Reproduction des photos du livre. D.R.
Ouvrage historique co-écrit par 2 anciens ingénieurs de la Stib
« 50 ans du métro de Bruxelles », un très bel ouvrage historique qui présente une très belle documentation collectée non par la Stib, mais par deux de ses anciens employés avec l’aide du Musée du Tram bruxellois, une initiative totalement privée.
Christian Dochy, avec l’aide de son ami de toujours, Thierry Duquenne nous permet de profiter de toute sa documentation ferroviaire, technique et didactique. Une rétrospective de l’histoire du métro et non une projection tournée vers le futur.
Les deux auteurs renseignent des noms d’ingénieurs ayant participé au projet de métro.
Les deux auteurs renseignent des noms d’ingénieurs ayant participé au projet de métro : Maurice Woitchik, émigré lituanien qui a combattu pour libérer Berlin puis qui a trouvé refuge en Belgique d’abord en participant aux travaux de la Jonction Nord-Midi, puis en dirigeant le S.S.E (Service Spécial d’Etudes) de la Stib ; Guy Verheulpen qui fut ensuite directeur général de la Mobilité au sein de l’administration bruxelloise ; ou encore Fernand Hulet et Claude van den Hove. Ces deux derniers étaient plutôt des spécialistes du lobbying politique.
Les premiers projets de métro bruxellois sont imaginés en 1892 par le Roi Léopold II sur base de réflexions avec des ingénieurs anglais, mais la topographie du sous-sol de la capitale posait problème. La Senne était un obstacle ainsi que les reliefs sablonneux avec des couches argilo-aquifères.
Quelques photos du livre portant sur les travaux de l’époque.
Alfred Bertrand, le père du métro
C’est le catholique flamand (CVP) limbourgeois Alfred Bertrand, qui prit la décision, en 1962 en tant que ministre des Communications du Gouvernement Lefèvre-Spaak de remédier aux embouteillages du trafic dans Bruxelles, de créer un réseau de métro.
Une étude du bureau belge SOBEMAP concluait, en 1963, qu’il fallait enfouir les transports en commun sous Bruxelles pour améliorer les déplacements dans la capitale. La demande potentielle avait été identifiée en testant les flux de trafic existant sur les modèles mathématiques de l’époque, avec des cartes perforées qu’on envoyait à l’université de Manchester.
On comptait le nombre de voitures qui passaient, avec les gens à bord, pour aller du domicile au travail, à l’école ou pour acheter un paquet de cigarettes.
On comptait le nombre de voitures qui passaient, avec les gens à bord, pour aller du domicile au travail, à l’école ou pour acheter un paquet de cigarettes. Trois flux avaient été identifiés à Bruxelles : Est-Ouest, Nord-Sud et la Petite Ceinture.
La construction du Berlaymont modifie tout le projet initial
Le projet initial prévoyait de construire en priorité des tunnels sur l’axe Nord-Sud entre les gares de la Jonction Nord-Midi, mais en passant par la Bourse. La construction à partir de 1963 du nouveau siège des Communautés européennes en lieu et place du couvent des Dames de Berlaymont, au rond-point de la Loi, modifie la donne et modifie le futur réseau dont un axe Est-Ouest deviendra ainsi la priorité.
Un premier pertuis souterrain entre Schuman et Sainte-Catherine, exploité en mode pré-métro à l’aide de trams classiques est inauguré le 20 décembre 1969, après une construction très rapide de seulement 4 années.

Augmentation des passagers
Le 20 septembre 1976, les trams laissent la place à de vraies rames de métro de couleur orange, entre Beaulieu ou Tomberg et De Brouckère. Le 4 octobre 1976 c’est l’inauguration en mode pré-métro de l’axe entre les gares du Midi et du Nord, toujours exploité actuellement selon le même mode et dont la conversion en métro lourd suscite une polémique assez importante.
Avec la mise en service du métro, le nombre annuel de voyageurs sur le réseau bruxellois de la Stib a doublé de 200 à 400 millions de passagers transportés.
Avec la mise en service du métro, le nombre annuel de voyageurs sur le réseau bruxellois de la Stib a doublé de 200 à 400 millions de passagers transportés. Curieusement, et pour des raisons de construction et de réutilisation d’une assiette ferroviaire peu utilisée du côté de Pétillon, le premier tronçon de métro bruxellois a d’abord desservi les quartiers et communes aisées d’Auderghem, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre dès 1976 avant de passer sous le canal et d’atteindre Molenbeek en 1981, Anderlecht, Koekelberg et Jette en 1982.
C.V.B.
Le livre « 50 ans du Métro de Bruxelles » est disponible au prix de 35 € tous les week-ends au RétroShop du Musée du Tram, avenue de Tervueren.
Source: LPOST

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