Disparition de Delphine Jubillar : des ossements retrouvés à Cagnac-Les-Mines, non loin du domicile conjugal
Après 5 ans de silence, Cédric Jubillar a reconnu auprès de ses avocats être à l’origine de la mort de son épouse Delphine Aussaguel. Dix jours seulement après avoir formulé ses aveux dans une lettre, il a été extrait de sa cellule, jeudi 16 juillet, pour participer aux fouilles dans le Tarn. Des ossements non identifiés viennent d’être retrouvés à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, lieu du domicile du couple. Une découverte qui lève le dernier doute qui subsistait sur la culpabilité de Cédric Jubillar. Les analyses doivent désormais permettre d’être fixé sur l’identité de la personne à qui appartiennent les ossements…
Lors de son interrogatoire mercredi 15 juillet, Cédric Jubillar a reconnu pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps. Des ossements ont effectivement été découverts sur le terrain indiqué, déclenchant une opération de grande envergure dans la campagne tarnaise.
Important dispositif de sécurité sur le terrain
Plus de 100 gendarmes ont été déployés ce jeudi matin dans le secteur. Cinq équipes cynophiles spécialisées dans la détection des restes humains sillonnent la zone. Un escadron de gendarmerie mobile assure la préservation du périmètre et l’isolement du site. Une équipe de lutte anti-drones complète le dispositif pour des relevés aériens.
La section de recherches de Toulouse et l’Institut de Recherches Criminelles de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) coordonnent les opérations. Un hélicoptère est prévu pour le transport du corps si l’identification est confirmée. Une pelleteuse est présente sur le site pour dégager les strates de terre. Les cinq équipes cynophiles mobilisées ne sont pas là par hasard.
Déterminer la cause du décès
Les chiens renifleurs de cadavre sont spécialisés dans la détection des restes humains, qu’ils soient récents ou anciens, même fortement dégradés. Leur flair détecte aussi la faune et la flore associées aux dépouilles : les insectes, les bactéries, les minéralisations. « Le temps ne tue pas l’efficacité des chiens. Les molécules odorantes restent, elles se dispersent différemment, mais elles persistent », explique un responsable cynophile.
La localité où habitait Cédric Jubillar et son épouse, Delphine avant le drame. (Lionel BONAVENTURE / AFP).
Cinq ans, c’est même un atout : le corps a eu le temps de se décomposer complètement, libérant des marqueurs olfactifs plus faciles à détecter que dans un cadavre frais. Les chiens ont guidé les équipes jusqu’à ce champ. Maintenant, c’est le travail des archéologues et des légistes qui commence.
Le temps ne tue pas l’efficacité des chiens. Les molécules odorantes restent, elles se dispersent différemment, mais elles persistent.
La difficulté sera bien entendu de déterminer la cause de la mort de Delphine (si les ossements appartiennent à l’épouse disparue), puisque les tissus corporels manquent. Sur place, les gendarmes croisent des curieux venus voir ce qui se déroulait. « On a entendu parler à la télé, on est venus voir », raconte une habitante. Un choix de localisation qui intrigue
Ce que disent les traces : l’enjeu archéologique et légiste
L’identification des ossements ne sera que le début. Comment le corps a-t-il été dissimulé ? Fallait-il une pelleteuse pour creuser, ou les gestes ont-ils été plus simples ? Le site a-t-il été préparé par avance ?
Ces questions importent : elles peuvent donner des indications sur la préméditation, ce qui changerait sans doute la qualification des faits et les peines encourues du détenu. C’est ici qu’intervient le travail minutieux des équipes de l’IRCGN, dont certains membres sont archéologues.
L’anthropologue et le médecin légiste auront besoin d’un environnement préservé pour lire les traces, la position du corps, les marques osseuses, la faune et la flore colonisatrice.
Chaque couche de terre doit être documentée, photographiée, filmée. Aucun indice ne peut être détruit autour du corps. L’anthropologue et le médecin légiste auront besoin d’un environnement préservé pour lire les traces, la position du corps, les marques osseuses, la faune et la flore colonisatrice. C’est un travail d’archéologie, pas de déblaiement.
Des véhicules de la gendarmerie française sont stationnés près du lieu des recherches menées à Villeneuve-sur-Véré, dans le sud-ouest de la France, le 16 juillet 2026, afin d’éloigner les curieux venus s’enquérir de l’avancement des fouilles. (Lionel BONAVENTURE / AFP).
Ce qu’il reste à confirmer
Les heures et les jours à venir seront décisifs. L’identification formelle des ossements permettra de confirmer s’il s’agit bien de Delphine Aussaguel, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Les analyses de l’IRCGN, du médecin légiste et de l’anthropologue apporteront des réponses : cause du décès, datation approximative, circonstances de la mise en terre.
Les aveux de Cédric Jubillar et la localisation du corps mettent fin à plus de cinq années d’incertitude pour la famille.
Mais déjà, les aveux de Cédric Jubillar et la localisation du corps mettent fin à plus de cinq années d’incertitude pour la famille. Delphine Aussaguel pourra enfin reposer en paix et les parents ainsi que les proches pourront faire leur deuil. En attendant, l’enquête, elle, entre dans sa phase finale : transformer les indices matériels en preuve juridique pour que le procès qui suivra soit implacable.
Yannick Ferruzca (à Paris)
Source: LPOST

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