La SNCB se mobilise contre les agressions de son personnel


La SNCB se mobilise contre les agressions de son personnel
BELGACes 2 dernières années, le personnel des trains et des gares de la SNCB a été de plus en plus souvent victime d’agressions dans l’exercice de son travail. En 2022, 1.900 cas d’agression ont été recensés. Une tendance qui se poursuit également cette année, avec 200 agressions uniquement en ce mois de janvier, soit +50% en comparaison avec les 130 cas de janvier 2022. Quatre agressions sur 10 dégénèrent en violence physique. La SNCB condamne fermement toute forme d’agression et lance une nouvelle campagne pour y mettre fin. Ce jeudi 9 février, pour faire entendre cet appel, la direction et des représentants du personnel de la SNCB ont donné un coup de sifflet pour le lancement d’une campagne contre les agressions. Il s’agit d’un signal clair pour inviter au respect des cheminots.
Ces derniers jours, plusieurs agressions violentes envers des agents de la SNCB ont marqué le personnel des trains. Dans sa nouvelle campagne, la SNCB met en scène des membres de son personnel qui ont déjà été confrontés à des agressions pour appeler au respect. Ce dimanche 5 février, une grève a été déclenchée en région liégeoise et à Welkenraedt après plusieurs agressions physiques contre des cheminots. Les syndicats demandent de nouvelles mesures pour contrer le phénomène. La direction et des représentants du transporteur ferroviaire ont donné, ce jeudi 9 février, le coup d’envoi d’une campagne contre les agressions à la gare de Bruxelles-Nord.
«Jour après jour, notre personnel est au service des voyageurs. Ils sont présents dans les trains et dans les gares pour assurer leur sécurité et leur confort, pour les aider, les guider et les informer. Leur travail mérite le respect. Je condamne fermement toute forme d’agression physique et verbale. Pour tout fait de violence à l’encontre notre personnel, la SNCB réclamera les sanctions les plus sévères. Nous demandons aussi à la justice d’appliquer la tolérance zéro et de sanctionner sévèrement chaque agression. Par ailleurs, une présence accrue et visible de la police ferroviaire et de la police locale dans les gares et leurs environnements ainsi que dans les trains est une nécessité pour soutenir nos services de sécurité », a déclaré Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB.
5 agressions par jour en moyenne 
Mais quelle est l’ampleur du problème ? Pourquoi les agressions sont-elles plus nombreuses ? Et quelles solutions sont envisagées pour pallier ces violences ?
Les agressions auxquelles est actuellement confronté le personnel dans les trains et dans les gares sont en augmentation En 2022, la SNCB a enregistré pas moins de 1.900 agressions, soit en moyenne 5 cas par jour. Ce chiffre est similaire à 2021, mais il est 60% plus élevé qu’en 2019. Cette tendance se poursuit également cette année en janvier 2023 avec 200 agressions recensées, en hausse de 50% par rapport à janvier 2022 (130 agressions).
La SNCB précisé que 4 agressions sur 10 impliquent des violences physiques. Les autres sont des agressions verbales allant des insultes aux menaces. L’an dernier, 450 collaborateurs ont été absents en raison d’une agression. Annelies Verlinden, ministre de l’Intérieur (CD&V) est indignée par la  violence inacceptable et irrespectueuse à l’encontre du personnel ferroviaire. « Cette campagne de sensibilisation permet de le faire comprendre à tous les voyageurs. Différents partenaires, tels que la police des chemins de fer et les agents de sécurité, travaillent ensemble et organisent des actions constructives pour rendre les voyages en train sûrs pour tous. Les services ferroviaires ne méritent que le plus grand respect », poursuit-elle.
Le système judiciaire prévoit des sanctions plus fortes pour ceux qui commettent des violences à l’encontre du personnel des trains.
Le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) plaide pour une réforme du code pénal afin d’alourdir les sanctions contre les agressions.  Le Vice-Premier ministre et ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a aussi apporté son soutien à la campagne. « Le système judiciaire prévoit des sanctions plus fortes pour ceux qui commettent des violences à l’encontre du personnel des trains et le Parquet dispose d’une directive selon laquelle, en cas de blessures, des mesures doivent être systématiquement prises contre l’auteur. Et cela arrive », souligne-t-il. Mais observe Vincent Van Quickenborne, « nous constatons encore que 30% des cas ne sont pas poursuivis. Notamment en raison du fait que l’auteur inconnu s’est déjà enfui avant d’être appréhendé par la police ou Securail ou en raison du manque de preuves. Le renforcement des équipes de Securail est donc une bonne chose et il reste ​ essentiel aussi d’améliorer la charge de la preuve, notamment avec des images vidéos ».
La SNCB n’est pas la seule à faire face à ce problème. La STIB, le TEC et De Lijn ont d’ailleurs rejoint le transporteur ferroviaire pour dénoncer cette vague d’agressions envers leurs personnels. Ensemble, ces quatre entreprises ont comptabilisé un total de 4.787 agressions en 2021.
Pourquoi les agressions sont-elles plus nombreuses
La grande question reste de savoir pourquoi ces dernières années ont été marquées par une hausse de la violence. Bien qu’il soit demandé à chaque voyageur d’avoir un titre de transport valable avant de monter dans le train, la fraude est toujours présente. Les discussions avec les voyageurs sans titre de transport valable sont la principale cause d’agressions.
D’autres facteurs interviennent dans le phénomène. 16% des agressions sont ainsi liées à des infractions à la législation ferroviaire (tabagisme, utilisation d’un vélo sur un quai, etc.), 9% à des comportements qualifiés de « perturbateurs », et enfin 17% sans motifs identifiés si ce n’est une agressivité lambda. Pour la SNCB, les agressions sont aussi liées à un phénomène plus large au niveau sociétal.
 La SNCB en quête de solutions
Parallèlement à la campagne de sensibilisation, la SNCB revoit ses pratiques. Dès le 1er mai, il ne sera plus possible de payer en espèces son ticket ou son amende dans le train. La société va aussi recruter plus de 100 nouveaux agents de sécurité Securail. Ces derniers sont autorisés à effectuer des contrôles d’identité et à rédiger un PV en cas d’infraction à la loi sur la police des chemins de fer. Securail mènera des contrôles de tickets plus fréquemment dans les gares. ​ Les agents vérifieront que les voyageurs sont en possession d’un titre de transport valide avant d’embarquer dans le train. Si ce n’est pas le cas, l’accès au train leur sera refusé et ils seront orientés vers les différents canaux de vente (site web, application SNCB, automates de vente ou ​ guichets). En 2022, ce contrôle spécifique a été effectué avant le départ de 55.000 trains, un nombre qui sera encore augmenté en 2023.
Securail gère aussi plus de 10.000 caméras de surveillance dans les gares, les trains et sur le domaine des chemins de fer, dont les images peuvent être mises à la disposition de la police. Il est aussi question d’une présence accrue et visible de la police ferroviaire et de la police locale notamment dans les gares et dans les trains. Sans oublier des opérations de surveillance ciblées pour renforcer la sécurité.
Clara Renavant (st)
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Source: LPOST

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