Quatre Jours de l’Yser : marcher entre mémoire, mer et Westhoek
Ce mardi, des miliers de randonneurs se sont retrouvés à Oostduinkerke, au matin, pour la première journée des Quatre jours de l’Yser, une marche ouverte à tous et organisée par la Défense avec l’appui des communes du Westhoek. Des milliers de participants devraient être au rendez-vous de cette 53e édition. Ici, l’effort sportif n’est jamais séparé du souvenir.
A chacun son badge, sa carte de l’itinéraire, sa gourde et sa banane, offerts par la Défense, et c’est parti ! Chaque année, la semaine qui suit le 15 août, les Quatre Jours de l’Yser transforment la côte et l’arrière-pays flamand en impressionnant ruban de marcheurs de tous âges. On dirait une marche Adeps XXL (plus de 7.000 par jour en 2025), mais avec de nombreux militaires en treillis, venus également de Wallonie… et les moyens de la Défense. Ce sont même des policiers militaires qui règlent la circulation pour les traversées de route.
Ce n’est pas une simple randonnée. Chaque journée comprend des commémorations en hommage aux victimes des deux guerres mondiales, avec une attention particulière portée à celle de 1914-1918, dont la région porte encore les stigmates. L’évènement relie des lieux emblématiques : Coxyde et Oostduinkerke pour le premier jour, ensuite Dixmude, Poperinge et Ypres, qui donnera au rassemblement une dimension solennelle.
Un stand tenu par des militaires. Photo : FJO
Une souplesse peu militaire : à chacun sa distance
A chaque étape, le décor change. On passe des dunes aux plaines agricoles, des canaux tranquilles aux places de villes marquées au fer rouge par l’histoire. Les participants peuvent opter pour un, deux, trois ou quatre jours, avec des distances à choisir entre 8, 16, 24 ou 32 kilomètres, sachant que celle ou celui qui aura accompli quatre fois 32 kilomètres aura droit à une belle médaille.
Cette souplesse très peu militaire permet d’attirer aussi bien les sportifs entraînés que des familles et des groupes d’amis venus partager une journée au grand air.
L’ambiance est à la fraternité. Sur les parcours, les conversations naissent facilement. A Coxyde, les bénévoles, les points de ravitaillement, y compris pour un savoureux bol de soupe aux crevettes, étaient nombreux. On trouvait aussi des bars improvisés, des ventes de café, de sandwichs et de T-shirts pour les bonnes œuvres de l’armée…
Le long de l’aéroport militaire, un stand de la Défense était tenu par un militaire qui opère dans les camions-pompiers Panther, dont un exemplaire trônait derrière lui. L’homme revenait de mission dans des Fagnes, fort impressionné, et sans avoir beaucoup fermé l’œil.
Des militaires participent à la marche de l’Yser. Photo : VIERDAAGSE.BE
Où sont les francophones ?
Des animations musicales permettent de prendre son mal en patience si on a surestimé ses forces. Un groupe local n’a pas manqué de jouer « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried » tandis que les sportifs du jour faisaient la file pour un pain saucisse.
Mais où sont donc les francophones, alors que les touristes wallons et bruxellois sont encore nombreux à la côte belge ? On n’en trouve guère. Peut-être que certains confondent les Quatre Jours avec un évènement flamingant comme le pèlerinage de l’Yser ?
Or, aux Quatre jours de l’Yser, on ne voit aucun drapeau si ce n’est le belge. Et l’accueil envers les francophones est fort bienveillant. Pour les amateurs, les inscriptions (www.vierdaagse.be) restent ouvertes pour les ultimes journées… en attendant le 54e édition en 2027.
François Janne d’Othée
Source: LPOST

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