Schaerbeek : harcèlement moral et favoritisme dénoncés à l’athénée royal Alfred Verwée


Schaerbeek : harcèlement moral et favoritisme dénoncés à l’athénée royal Alfred Verwée
Selon nos informations, des professeurs de l’athénée royal Verwée ont envoyé des courriers anonymes notamment à la ministre de l’Education, Valérie Glatingny (MR), et au pouvoir organisateur (PO), Wallonie Bruxelles Enseignement (WBE), pour dénoncer une ambiance de terreur et d’intimidation ainsi que des nominations partisanes au sein de la direction de l’établissement scolaire schaerbeekois. Le préfet des études, A. M. est directement mis en cause ainsi qu’une ancienne directrice adjointe dont la nomination avait été cassée pour illégalité. Par ailleurs, une analyse des risques psychosociaux menée par Cohezio semble confirmer une situation de mal-être des enseignants de l’athénée royal de Verwée.
Visiblement, la gestion des athénées royaux de certaines communes bruxelloises pose question. Après des problèmes de divers ordres relevés à l’AR du Sippelberg (Molenbeek) et au sein de Leonardo Da Vinci (Anderlecht), c’est l’athénée royal Alfred Verwée qui est secoué par des dénonciations. Selon nos informations, les enseignants ont envoyé des lettres anonymes exposant un environnement de travail toxique au sein de l’établissement scolaire schaerbeekois.
Atmosphère de peur à Verwée
Les courriers sont envoyés notamment à la ministre de l’Education, Valérie Glatigny (MR), au directeur général de l’Enseignement, aux délégués syndicaux ainsi qu’au Service interne pour la prévention et la protection au travail.
Arrivée en janvier 2025, le préfet des études, A.M., et des membres de la direction sont directement mis en cause et accusés d’avoir un régime de terreur à Verwée.
Depuis plusieurs mois, nous travaillons dans une atmosphère tendue, marquée par la peur, la pression et un profond manque de respect.
« Depuis plusieurs mois, nous travaillons dans une atmosphère tendue, marquée par la peur, la pression et un profond manque de respect. Le directeur et certaines personnes de son entourage intimident et menacent régulièrement le personnel, créant ainsi un sentiment d’insécurité permanent. Le préfet, pour sa part, rappelle fréquemment qu’il a déjà occupé un poste important au ministère et qu’il a été directeur d’un grand établissement. Il affirme être venu à Verwée pour ‘remonter l’école’, qu’il connaît des personnes haut placées et qu’il retournera au ministère dans trois ans », lit-on dans un des courriers anonymes que nous avons pu consulter.
Eviter des représailles
Les enseignants qui préfèrent l’anonymat pour éviter des représailles font état de harcèlement et de menaces de la part de la direction. « Le préfet tient régulièrement des propos grossiers, vulgaires et humiliants envers le personnel, souvent en présence d’autres collègues. Son langage méprisant et agressif crée un malaise et donne l’exemple d’un comportement indigne d’un cadre scolaire », poursuivent les enseignants dont plusieurs affichent de nombreuses années d’expérience dans le métier.
Son langage méprisant et agressif crée un malaise et donne l’exemple d’un comportement indigne d’un cadre scolaire.
Ceux-ci rapportent une attitude du préfet des études qui les a choqués. Après avoir autorisé les enseignants à assister aux funérailles d’une secrétaire de direction, en novembre 2025, quelle ne fut leur surprise quand des enseignants ont reçu, en pleine cérémonie liturgiques des obsèques, le message les informant qu’ils devraient trouver un moyen pour rattraper leurs heures.
La police aurait été appelée pour accompagner une ancienne secrétaire qui a été renvoyée, renforçant ainsi son humiliation.
L’athénée royal Alfred Verwée confronté à des dénonciations anonymes de la part de plusieurs membres du corps enseignant. D.R.
Des enseignants épiés via les caméras
Les enseignants se sentent surveillés par les caméras installées dans l’établissement. « Chacun de nos gestes est épiés, ce qui fait que nos retards nous sont reprochés avant même de les signaler. Nous devons signer un registre des retards et trois retards donnent lieu à un signalement », rapporte un enseignant.
Le directeur n’aurait guère pas de respect pour le personnel à l’égard de qui il tiendrait des propos qui rabaissent et dénigrent « publiquement des membres du personnel. Il répète souvent qu’il se vengera de ceux qui osent dénoncer la situation ou écrire des lettres. Ce langage vulgaire, ce mépris et ces menaces ont profondément marqué le personnel qui vit désormais dans la crainte de nouvelles humiliations ou de sanctions arbitraires ».
Il répète souvent qu’il se vengera de ceux qui osent dénoncer la situation ou écrire des lettres.
Contactés par nos soins, des professeurs nous ont confirmé les dénonciations relevées dans les lettres anonymes où il est notamment question de favoritisme et d’embauches familiales.  A titre d’exemple, le chef d’atelier aurait fait engager son fils comme éducateur, alors qu’il n’aurait pas le diplôme requis. Ce dernier aurait aujourd’hui changé d’affectation et travaillerait comme secrétaire comptable, alors que celle qui occupait le poste serait désormais confinée dans une fonction ménagère.
Nomination de la directrice adjointe entachée d’illégalité
L’ancienne directrice adjointe aurait fait engager son mari comme éducateur sans diplôme. Le préfet des études, A. M., a dû faire marche arrière après l’avoir nommée dans la fonction de directrice adjointe, parce que la nomination était tout simplement illégale. « Suite à une analyse technique dont la Direction générale de l’enseignement obligatoire nous a fait part récemment, il appert que, malgré l’accord du Pouvoir organisateur et des moyens à disposition de l’établissement, l’organisation d’un second poste dans la fonction de direction adjointe n’est pas conforme aux dispositions règlementaires », explique le préfet des études dans un ordre de service du 17 décembre 2025 dont nous avons eu connaissance.
Malgré l’accord du Pouvoir organisateur et des moyens à disposition de l’établissement, l’organisation d’un second poste dans la fonction de direction adjointe n’est pas conforme aux dispositions règlementaires.
Après cette nomination ratée, l’intéressée s’est vu confier la fonction de coordinatrice qu’elle cumule avec une charge de professeur de français.
D’autres engagement de proches de certains membres du personnel sont également dénoncés dans les courriers anonymes. Les auteurs des lettres soulignent que « ces pratiques entretiennent un climat de favoritisme et d’injustice, où les critères professionnels semblent être remplacés par des relations personnelles ».

bePress Photo Agency / BOURGUET
La ministre francophone de l’Education, Valérie Glatigny, est interpelée par les enseignants de l’AR Alfred Verwée. (Photo Philippe BOURGUET / bePress Photo Agency/bppa).
Frustrations de certains
Contacté par nos soins, le préfet des études, A. M. nous a répondu tout en précisant qu’il est en convalescence pour avoir subi une opération chirurgicale. Il est au courant des lettres anonymes et souligne qu’elles illustrent la frustration de certains membres du personnel animés par une volonté de nuire à la dynamique positive qu’il tente d’installer au sein de l’école. « J’ai un PO (Pouvoir organisateur, ndlr) qui contrôle la façon dont je travaille et si je suis encore là, c’est qu’il considère que je fais bien mon travail », nous a précisé A. M.
J’ai peut-être commis des maladresses, mais les dénonciations sont exagérées.
Son débit est fluide et le verbe, facile. « J’ai peut-être commis des maladresses, mais les dénonciations sont exagérées », poursuit-il. Il menace de porter plainte pour diffamation…
Dimanche 10 mai 2026, le préfet a informé les enseignants que le PO (Wallonie Bruxelles enseignement/WBE) a nommé une directrice faisant fonction qui le remplacera dès ce lundi 11 mai. Il s’agit de L. A., celle qui avait été désignée comme directrice adjointe avant que sa nomination ne soit retirée parce qu’elle était illégale. « Cette fois, elle revient dans une fonction plus importante, alors qu’elle n’a pas le brevet. Le directeur adjoint et une autre dame qui ont le titre requis sont laissés volontairement laissés de côté », s’étonne-t-on à Verwée.
Plainte formelle contre la nouvelle directrice f.f.
Il nous revient qu’une plainte formelle avait portée contre elle et des élèves ont écrit une longue lettre anonyme l’accusant de plusieurs maux pendant la courte période durant laquelle elle assurée la fonction de directrice adjointe : humiliations, manque de respect, manque de personnel, sanctions injustes, refus d’activités pédagogiques, etc.
Les conclusions d’une analyse des risques psychosociaux dont nous avons eu connaissance confirment la situation décrite par les enseignants.
Malgré la tentative du préfet des études de minimiser la situation, l’état de détresse des membres du personnel de Verwée est loin d’être feint. Les conclusions d’une analyse des risques psychosociaux dont nous avons eu connaissance confirment la situation décrite par les enseignants dans les courriers anonymes.
La mission a été réalisée par Cohezio en octobre 2024 et 140 travailleurs ont répondu à l’enquête sur 218 membres du personnel de Verwée sollicités. Le score moyen de bien-être au travail affiche 5,26/10, mais dans le détail, 33% des répondants évaluent leur bien-être au travail entre 0 et 4/10.
Les enseignants de Verwée demandent une intervention de WBE pour prendre des mesures susceptibles de garantir leur bien-être au travail. D.R.
Harcèlement moral confirmé
Sur le site, installé rue de Verwée à Schaerbeek, la note concernant le bien-être au travail est de 3,26/10. Les inspecteurs de Cohezio relèvent que « les risques concernent la politique de bien-être et de la charge mentale ».
Sur les mesures à mettre en place pour améliorer le bien-être au travail, la grande majorité des 120 participants qui ont répondu à la question relative à ce point relève une amélioration du style de management.
Près de 47% des 132 personnes ont répondu par l’affirmative à la question leur demandant s’ils avaient été confrontés à la violence ou au harcèlement moral.
Près de 47% des 132 personnes ont répondu par l’affirmative à la question leur demandant s’ils avaient été confrontés, au cours des 6 derniers mois et sur leur lieu de travail, à un comportement inapproprié au travail : violence, harcèlement moral au travail, etc. La direction figure parmi le trio de tête des auteurs de ces comportements, principalement des violences verbales, morales et physiques.
Il nous revient que les conclusions de l’analyse des risques psychosociaux ont été à la direction en janvier 2025, mais celle-ci ne les a communiquées aux enseignants qu’à la mi-mars 2026…
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Source: LPOST

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