Après Londres, le navire-laboratoire qui teste la réalité de la neutralité carbone fait escale en Belgique


Après Londres, le navire-laboratoire qui teste la réalité de la neutralité carbone fait escale en Belgique
Peut-on vraiment décarboner le transport maritime ? A Londres, un navire-laboratoire tente d’y répondre — en conditions réelles. Amarré à quelques mètres de Tower Bridge, l’Energy Observer n’est pas seulement un objet technologique spectaculaire. Ce catamaran expérimental incarne surtout une ambition européenne : tester, en grandeur nature, les solutions énergétiques censées permettre d’atteindre la neutralité carbone. C’est aussi une prouesse technologique. Le bateau est désormais en Belgique jusqu’au 10 mai.
Depuis 2017, le navire a parcouru plus de 68.000 milles nautiques, visité 50 pays et effectué plus de 100 escales. Une première odyssée qui a permis de démontrer la faisabilité d’un mix énergétique combinant renouvelables, hydrogène et batteries.
Aujourd’hui, une nouvelle expédition (2025–2033) est lancée, avec un objectif plus ambitieux : analyser, sur le terrain, les conditions réelles d’un monde neutre en carbone.
A bord, la transition énergétique en action
Sur le pont, la transition énergétique prend une forme très concrète. Le navire est recouvert d’environ 200 m² de panneaux solaires, dont certains bifaciaux, capables de capter l’énergie directement du soleil, mais aussi par réflexion sur l’eau. « On ajoute même des paillettes dans la peinture blanche pour maximiser la réflexion », explique l’équipe. Les panneaux bénéficient aussi d’une ventilation naturelle pour limiter la surchauffe, un facteur qui réduit leur efficacité.
D.R.On ajoute même des paillettes dans la peinture blanche pour maximiser la réflexion.
Le vent est exploité grâce aux Ocean Wings, des ailes de propulsion automatisées, capables de pivoter à 360 degrés et d’adapter leur forme comme des ailes d’avion afin d’optimiser la prise au vent.
Mais ces énergies renouvelables ne suffisent pas. Le cœur du système repose sur l’hydrogène produit à bord. L’eau de mer est d’abord dessalinisée, puis passée dans un électrolyseur qui sépare hydrogène et oxygène. L’hydrogène est ensuite comprimé à 350 bars et stocké avant d’être utilisé dans une pile à combustible pour produire de l’électricité.
Un démonstrateur plus qu’une solution
« Ce bateau, c’est la preuve concrète de technologies mises en conditions réelles. Il permet de voir la transition énergétique en action », explique Nolwenn Guenan, chargée de communication, partenariats et développement chez Energy Observer.
Construit à l’origine en 1983 au Canada, puis entièrement rénové à Brest avant d’être remis à l’eau en 2017, le navire illustre une logique : transformer un prototype en laboratoire flottant.
Mais Energy Observer reste un démonstrateur. Les technologies testées montrent ce qui est possible, sans résoudre les obstacles à grande échelle : coûts, infrastructures, sécurité ou régulation.
Une escale stratégique dans une transition européenne
L’escale londonienne s’inscrit dans la première mission de l’expédition, consacrée à la capture carbone. Après une phase en Méditerranée, elle marque un passage vers l’Europe du Nord.
« Londres s’est imposée comme une étape clé entre nos recherches en Méditerranée et la suite de l’expédition », précise Nolwenn Guenan. L’équipe doit ensuite poursuivre vers la Belgique, la Norvège et l’Islande.
Prochaine étape : Anvers, du 5 au 10 mai 2026, dans le cadre des Hydrogen Valley Days. Un choix qui souligne le rôle croissant des ports européens comme hubs de la transition énergétique.
La capitale britannique offre aussi un point d’observation stratégique : Energy Observer y a rencontré des représentants de l’Organisation maritime internationale (OMI), notamment autour des enjeux de régulation et de crédits carbone.
Prochaine étape : Anvers, du 5 au 10 mai 2026, dans le cadre des Hydrogen Valley Days. Un choix qui souligne le rôle croissant des ports européens comme hubs de la transition énergétique.
Une transition encore incertaine
A partir de 2028, un nouveau navire, EO3, doit prendre le relais. Construit entièrement de zéro, il testera une chaîne énergétique basée sur l’ammoniac, un vecteur d’hydrogène, dans un système hybride innovant.
D’ici 2033, l’expédition abordera successivement la mobilité durable, les matériaux stratégiques, l’intelligence artificielle, les systèmes énergétiques mondiaux, l’accès à l’eau et, enfin, l’Arctique — symbole des bouleversements climatiques.
A Londres, l’Energy Observer impressionne. Mais au-delà de la vitrine technologique, il pose une question plus fondamentale : ces solutions peuvent-elles dépasser le stade expérimental ?
Car la neutralité carbone ne se décrète pas. Elle se construit, lentement, et sous contrainte.
Alexander Seale (à Londres)
(Après Londres, le bateau technologique, Energy Observer, fait escale à Anvers, en Belgique. D.R.).
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Source: LPOST

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