Enseignement : accalmie sur le front de la grève à l’Athénée royal d’Ans
Le piquet de grève était maintenu jeudi devant l’établissements scolaire, mais les professeurs souhaitant donner les cours dont ils ont la charge et les élèves ont pu rentrer sans souci dans l’école. Les grévistes ont reçu la visite de leurs collègues de l’AR d’Esneux venus les soutenir. Ce vendredi, le même dispositif sera opérationnel, mais l’activité de l’AR d’Ans reste désorganisée. Pas de mouvement de grève prévu la semaine prochaine à l’exception de la mobilisation générale de jeudi 10 septembre à l’appel des syndicats. Les professeurs grévistes ont distribués un courrier aux parents et aux élèves expliquant les raisons de leur action, notamment les conséquences de la réforme portée par la ministre francophone de l’Education, Valérie Glatigny (perte d’environ 1.300 emplois, diminution drastique des moyens, etc.). Le directeur du personnel de Wallonie Bruxelles Enseignement et la préfète de zone étaient présents jeudi pour tenter de désamorcer la crise. A l’appel des professeurs de différentes écoles de la région liégeoise, un rassemblement est annoncé ce vendredi midi sur la place Saint-Lambert à Liège.
Même si des professeurs affichent une mine grave et qu’une lassitude se lisait sur le visage d’autres, l’ambiance est calme, jeudi 3 septembre, devant la grille de l’Athénée royale d’Ans. A l’instar des précédents jours de la semaine, un piquet de grève est toujours installé, mais pas de blocage à l’horizon. « Les professeurs qui ne font pas grève et les élèves sont libres de rentrer dans l’établissement. Les professeurs qui veulent donner cours le font et d’autres se dévouent pour juste encadrer les élèves. Mais l’activité de l’école reste désorganisée en raison de la grève », nous a confié Catherine Duvivier, déléguée de la CSC-Enseignement à l’AR d’Ans.
Piquet de grève sans bocage de l’entrée de l’école
Interrogée sur le courrier de l’administrateur général, André Grenier, envoyé la veille et qui met une pression sur les enseignants en les accusant de bloquer l’entrée, la responsable syndicale répond qu’il témoigne d’un certain mépris pour les professeurs et d’une certaine méconnaissance de la réalité des enseignants.
Les professeurs qui veulent donner cours le font et d’autres se dévouent pour juste encadrer les élèves. Mais l’activité de l’école reste désorganisée en raison de la grève.
Ce vendredi 4 septembre, le dispositif sera reconduit : piquet de grève sans bloquer l’entrée aux professeurs qui souhaitent travailler et aux élèves. Les professeurs non-grévistes pourront vaquer à diverses occupations : accueil des élèves, vérification des accès au matériel, présentation des méthodes de travail aux élèves, explication des règles de sécurité dans les ateliers pour les élèves du qualifiant, etc.
Les raisons de la grogne des enseignants
Sous les tentes dressées devant la grille de l’école, des professeurs discutent par petits groupes. Une réunion organisée entre la direction de l’établissement, les responsables syndicaux, le directeur du personnel de Wallonie Bruxelles Enseignement (Manuel Dony) et la préfète de zone à Liège (Vinciane Belboom) n’a pas donné de résultats concrets. « Rien n’est clair, ni précis », se désole une enseignante qui est allée aux nouvelles.
Sur l’une des tables installées sous les tentes sont posées des copies d’une longue lettre rédigée par les professeurs grévistes à l’intention des élèves et des parents. Ils y expliquent les raisons de leur mouvement.
Plusieurs mesures adoptées par le gouvernement modifient profondément les conditions dans lesquelles nous exercerons notre métier dès cette rentrée.
« Plusieurs mesures adoptées par le gouvernement (de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ndlr) modifient profondément les conditions dans lesquelles nous exercerons notre métier dès cette rentrée, entre autres : diminution de moitié des moyens de fonctionnement liés à l’encadrement différencié dans le secondaire, non-indexation en 2026 des dotations destinées aux bâtiments scolaires, réduction de 30% des moyens consacrés aux cellules de soutien et d’accompagnement, augmentation de la charge de travail des professeur.es du secondaire supérieur entraînant la perte d’environ 1.300 équivalents temps plein ainsi que de multiples réaffectations et fractionnement d’horaire pour les enseignant.e.s qui conservent en tout ou en partie leurs heures », lit-on dans le document daté du 3 septembre.
Faire davantage avec moins
Les enseignants grévistes rappellent que les décisions politiques qu’ils dénoncent ont un point commun : imposer à l’école de faire davantage avec moins de moyens. Ils précisent qu’ils auraient préféré reprendre les cours normalement dès cette rentrée, sans mouvement de grève et opter pour d’autres formes d’actions qui ne pénaliseraient pas les élèves, mais observent-ils, « nous constatons que ces formes d’actions n’ont pas permis d’obtenir les changements que nous estimons nécessaires ».
Ils précisent qu’ils n’abandonnent pas les élèves malgré la grève et sont conscients des désagréments ainsi que de l’inquiétude générée. Ils tentent de rassurer les parents. « Lorsque la mobilisation prendra fin, nous ferons tout ce qui est raisonnablement possible pour reprendre le fil des apprentissages et accompagner chacun et chacune au mieux. Notre engagement envers les élèves est entier », assurent les grévistes.
Lorsque la mobilisation prendra fin, nous ferons tout ce qui est raisonnablement possible pour reprendre le fil des apprentissages et accompagner chacun et chacune au mieux.
Ils reconnaissent que d’autres écoles poursuivent leurs activités même si elles sont concernées par les réformes « qui motivent leur mobilisation ».
Le ton de la lettre est posé, met des mots sur les maux.
La semaine prochaine, pas de mouvement de grève annoncé pour les trois premiers jours, mais ils participeront à la mobilisation générale du 10 septembre à l’appel des syndicats. En attendant, ils pourraient participer au rassemblement de ce vendredi 4 septembre organisé par des professeurs de différentes écoles de la région liégeoise sur la place Saint-Lambert.
Ph. Law.
Source: LPOST
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