Flux migratoire à la frontière espagnole : Georgia Mélonie appelle à l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen
Dans la nuit du 30 au 31 juillet, des milliers de migrants ont réussi à rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Les arrivées se sont poursuivies toute la nuit et continuent encore vendredi matin. Selon une source policière, pas moins 34 personnes sont décédées en essayant de rejoindre Ceuta dont plusieurs par noyade dans la mer. Près de 60.000 personnes seraient arrivées dans l’enclave espagnole en 24 heures, un territoire espagnol de seulement 80.000 habitants, soit l’équivalent de 70% de sa population accueillis en quelques heures. L’Italie demande que l’Europe ferme ses frontières avec l’Espagne, elle est soutenue par d’autres pays (Finlande, Danemark). Il semble qu’une bonne partie des nouveaux arrivants aient été déjà renvoyés au Maroc grâce à une collaboration entre le royaume chérifien et l’Espagne.
Cette crise rappelle celle de mai 2021, lorsque près de 10 000 migrants avaient pénétré à Ceuta en l’espace de deux jours, à la faveur d’une grave crise diplomatique entre Madrid et Rabat. Cette fois encore, l’afflux, plus important, relance le débat européen sur la maîtrise des frontières extérieures de l’Union européenne.
Mobilisation espagnole générale
Face à cette situation, le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a assuré que son gouvernement était « entièrement mobilisé ». Madrid a annoncé le renforcement des moyens de sécurité, notamment avec le déploiement de militaires en appui à la Garde civile, tout en insistant sur la coopération avec les autorités marocaines afin de rétablir le contrôle de la frontière.
Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a également été dépêché sur place pour suivre l’évolution de la crise. Aux dernières nouvelles, la coopération entre les deux pays aurait permis de renvoyer près de la moitié des nouveaux arrivants au Maroc.
Des véhicules endommagés et incendiés sont visibles sur le site des affrontements près de Fnideq, à la frontière maroco-espagnole, le 31 juillet 2026. (Abdel Majid BZIOUAT / AFP).
En Italie, la Première ministre, Giorgia Meloni, a adopté un ton beaucoup plus offensif. « Nous sommes en train de réunir les instances compétentes et, à l’issue de ces réunions, nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles comme la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne », a-t-elle en dénonçant les « images choquantes » de Ceuta. « L’Italie ne restera pas les bras croisés », a affirmé la cheffe du gouvernement italien (extrême droite).
Une position qui a immédiatement suscité de vives réactions au sein du gouvernement espagnol, lequel a dénoncé des déclarations jugées démagogiques et contraires à l’esprit de solidarité européenne. En attendant, la Finlande et le Danemark soutiennent la position de Giorgia Meloni de fermer l’espace Schengen à l’Espagne.
Points de passage privilégiés des migrants
Au-delà de l’affrontement politique, cette nouvelle crise remet en lumière les fragilités de la politique migratoire européenne. Situées en Afrique mais appartenant à l’Espagne, Ceuta et Melilla constituent les seules frontières terrestres entre l’Union européenne et le continent africain. Elles représentent depuis des années un point de passage privilégié pour les migrants cherchant à rejoindre l’Europe.
L’afflux actuel intervient également dans un contexte juridique particulier, après une décision récente de la justice espagnole limitant les possibilités de refoulement de certains migrants interceptés en mer. Selon les autorités espagnoles, cette évolution aurait été exploitée par des réseaux de passeurs pour encourager de nouvelles traversées.
Cette nouvelle crise migratoire pourrait ainsi raviver les divisions entre les États membres de l’Union européenne sur la gestion des frontières, la solidarité entre pays d’accueil et la réforme du système européen d’asile. Elle rappelle surtout que la question migratoire demeure l’un des principaux sujets de tension politique sur le continent.
Gérard Beogo (st.)
Source: LPOST

Radio plus Bienvenue sur notre site
