L’eau du robinet et les oeufs sont les principaux facteurs d’exposition aux Pfas
C’est la conclusion de l’étude menée par l’Institut Scientifique de service public (Issep) à la demande du gouvernement wallon dans le cadre du biomonitoring BMH-Pfas. Elle a démontré une surexposition aux Pfas chez les habitants dans quatre communes (Chièvres, Ronquières, Nandrin et Florennes). Selon le cabinet du ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, l’analyse approfondie des questionnaires permet aujourd’hui d’identifier les principaux facteurs responsables de cette surexposition et d’orienter les actions de prévention. L’eau du robinet et les œufs sont les principaux facteurs d’exposition aux Pfas chez les résidents de ces communes. Des recommandations sont faites et une surveillance accrue de la qualité de l’eau potable consommée dans ces zones sera maintenue. Des séances d’informations sont prévues, à commencer dès ce lundi soir, 13 avril, à Chièvres.
Même si le dossier n’occupe désormais plus la Une de l’actualité après l’éclatement du scandale de la contamination au Pfas de l’eau à Chièvres, les autorités wallonnes n’ont pas lâché prise et ont poursuivi les investigations pour mieux appréhender tous les éléments du dossier. La situation dans d’autres communes est venue à celle de Chièvres.
Facteurs de contamination
Ce lundi 13 avril, le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés) a présenté les résultats d’une étude menée par l’Institut Scientifique de service public. Plus de 1.600 personnes ont participé à l’étude et de nombreuses variables ont été prises en compte, notamment les habitudes de vie, l’alimentation et l’environnement. L’analyse concerne l’exposition à six Pfas les plus quantifiés (plus de 70% de quantification) : PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA, PFHpS et PFDA).
Les niveaux mesurés chez les résidents – tous groupes d’âge confondus – sont significativement plus élevés que dans la population générale wallonne.
La conclusion vient confirmer ce que les habitants des zones examinées redoutaient : les niveaux mesurés chez les résidents – tous groupes d’âge confondus – sont significativement plus élevés que dans la population générale wallonne, confirmant une exposition accrue. Il s’agit des habitants de quatre communes wallonnes : Chièvres, Florennes (hameaux de Corenne, Rosée et Flavion), Nandrin et Ronquières.
BELGA
L’Issep a participé à l’étude dont les résultats seront exposés aux résidents lors des séances d’informations. (BELGA PHOTO JOHN THYS).
Eléments de la surexposition
Plusieurs déterminants majeurs ont été mis en évidence dans la surexposition des habitants :
Facteurs individuels : déjà observé dans le premier volet de l’étude, l’âge et le sexe influencent les niveaux d’imprégnation, les personnes plus âgées et les hommes présentant généralement des concentrations plus élevées.
Lieu de résidence et durée d’exposition : les habitants résidant depuis plus de 10 ans dans les zones concernées présentent des niveaux plus élevés.
Consommation d’eau du robinet : identifiée comme un facteur déterminant majeur. Les personnes ayant consommé de l’eau du robinet pendant la période de contamination présentent des concentrations en Pfas plus élevées.
Alimentation : la consommation d’œufs issus d’élevages domestiques et de produits de la mer est liée à des niveaux plus élevés d’exposition.
Produits du quotidien : certains produits (textiles, cosmétiques, produits d’hygiène) peuvent également contribuer à l’exposition, bien que leur impact apparaisse plus limité au vu des résultats de cette étude.
Plusieurs recommandations sont faites pour tenter de réduire la situation d’exposition des habitants. Il est notamment question de maintenir une surveillance stricte de l’eau potable en Wallonie et de réduire l’exposition via des actions individuelles et collectives. Conformément au principe de précaution, il est recommandé aux habitants d’éviter de consommer les œufs d’autoproduction dans les zones concernées, en attendant des analyses complémentaires.
Réunion d’informations pour les résidents
Des dispositions sont donc prises à tous les niveaux : local (communes), régional (Wallonie), belge et européen. « Notre responsabilité en tant que pouvoirs publics est de poursuivre les investigations, continuer à garantir aux citoyens une qualité de l’eau irréprochable et de poursuivre l’amélioration du cadre réglementaire autour des Pfas, aux niveaux européen, fédéral et régional », a commenté le ministre wallon, Yves Coppieters.
Notre responsabilité en tant que pouvoirs publics est de poursuivre les investigations, continuer à garantir aux citoyens une qualité de l’eau irréprochable et de poursuivre l’amélioration du cadre réglementaire autour des Pfas.
bePress Photo Agency / BOURGUET
LE ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés) est à la manoeuvre dans le dossier des Pfas. (Photo Philippe BOURGUET / bePress Photo Agency/bppa).
Il précise que l’étude de l’Issep vient clôturer un « chapitre important pour les citoyens : celui qui nous a permis de mesurer, comprendre et expliquer les différentes expositions aux Pfas. Ce travail permet de mieux cerner encore les causes d’imprégnation et d’adapter les comportements en conséquence ».
Yves Coppieters a remercié non seulement les participants à l’étude, mais aussi tous les acteurs qui y ont contribué, notamment l’Issep, le SPW ARNE pour le travail (administration wallonne) et l’Agence pour une Vie de Qualité (Aviq).
Des séances d’informations sont programmées à l’attention des résidents des quatre communes à la même heure (19h), notamment à Chièvres, ce lundi 13 avril à 19h (salle du Hall polyvalent de Vaudignies, rue des écoles 17) ; à Nandrin, le jeudi 16 avril (salle du Hall des Templiers, rue Joseph Pierco 4) ; à Florennes, le mars 21 avril (salle Jules Baudoin, rue Grande, 30) et à Ronquières, le jeudi 23 avril (salle de la Gare de Ronquières, rue Jules Dekeyn, 29).
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Source: LPOST

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