CAN 2025 : les dessous de la décision de la CAF accordant la victoire au Maroc sur tapis vert
Le 25 mars dernier, la Fédération sénégalaise de football (FSF) décidait de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision de la Confédération africaine de de foot (CAF) déclarant le Maroc vainqueur de la CAN 2025 au détriment des Lions de la Teranga. Pour rappel, la décision de l’instance africaine de foot a ravivé une vague de discussions animées dans la population sénégalaise. Pourtant en fin janvier, la commission de discipline de la CAF avait rejeté le recours du Maroc. Elle avait confirmé le résultat acquis sur le terrain et infligé des sanctions disciplinaires au coach sénégalais et deux ses joueurs en plus d’une amende totale de 715.000 dollars. D’autres éléments du dossier interpellent notamment les convocations de la commission d’appel de la CAF envoyées seulement à certains membres et l’emprisonnement de 18 supporters sénégalais au Maroc… En attendant, la coupe demeure au Sénégal et vient d’être présentée à la diaspora sénégalaise à Paris.
Pour bien saisir les enjeux de ce recours, il est important de revenir sur le contexte qui a poussé la FSF à se tourner vers le TAS. La commission d’appel de la CAF avait pris une décision contestée par les autorités sportives et étatiques sénégalaises, notamment en ce qui concerne la qualification d’une équipe ou l’application d’une sanction disciplinaire.
Les arguments du Sénégal devant le TAS
Le Sénégal a choisi de faire appel au Tribunal arbitral du sport (TAS), une institution internationale reconnue pour sa capacité à trancher les litiges sportifs de manière impartiale.
L’intérêt d’un tel recours est double. D’une part, il permet de réexaminer la décision dans un cadre juridique solide, et d’autre part, il envoie un message fort sur la détermination du Sénégal à défendre ses droits et son intégrité sportive.
La Fédération sénégalaise de football (FSF) juge illégale et infondée la décision de la CAF, estimant que les articles 82 et 84 visés ne peuvent s’appliquer dans ce cas précis.
La Fédération sénégalaise de football (FSF) juge illégale et infondée la décision de la CAF, estimant que les articles 82 et 84 visés ne peuvent s’appliquer dans ce cas précis. Elle rappelle que l’article 82 parle d’abandon définitif et non temporaire. Or l’équipe sénégalaise était revenue sur le terrain et que le joueur marocain Brahim Diaz avait bien tiré son penalty, mais l’avait raté. Le match était bien arrivé à son terme le 18 janvier dernier.
Les joueurs de l’équipe nationale sénégalaise de football saluent une foule de supporters à bord d’un bus décapotable lors du défilé du trophée dans les rues de Dakar, le 20 janvier 2026, pour célébrer la victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée au Maroc. (NICOLAS REMENE / AFP).
Incompétence de la commission d’appel de la CAF
Pour le Sénégal, la commission d’appel de la CAF n’est donc pas compétente pour intervenir sur les décisions de l’arbitre. En effet, selon l’article 6 du code Disciplinaire de la Confédération africaine de foot (CAF), « pendant les matchs, les décisions disciplinaires sont prises par l’arbitre ». Celles-ci étant « sans appel », aucune instance disciplinaire ne peut donc revenir sur le fait que l’arbitre ait ordonné la poursuite du match.
La décision de s’adresser au TAS témoigne également de la maturité croissante du football sénégalais, qui n’hésite plus à recourir aux voies légales internationales pour garantir transparence et équité.
Par ailleurs, dans la notification officielle de la décision de la commission d’appel de la CAF, le 3 avril, l’arbitre indique dans son rapport, un arrêt temporaire du match pendant 12 minutes. Ce passage devant le TAS est vu comme une étape cruciale pour rétablir un équilibre que le jury d’appel de la CAF avait rompue selon les acteurs sénégalais. La décision de s’adresser au TAS témoigne également de la maturité croissante du football sénégalais, qui n’hésite plus à recourir aux voies légales internationales pour garantir transparence et équité.
Accusation de favoritisme
Au cœur de cette dynamique, la réaction des Sénégalais a été immédiate. Dans les rues, sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux, les débats ont fusé, illustrant l’engagement passionné de la population envers son équipe et le foot. Au niveau international, la réaction est unanime : les condamnations fusent de partout.
Sur les 9 membres qui la composent seuls 5 ont pris part à la réunion, les 4 autres n’ayant pas été convoqués.
De son côté, la FSF accuse la CAF de favoriser le Maroc d’autant plus que la commission du jury d’appel est contestée : sur les 9 membres qui la composent seuls 5 ont pris part à la réunion, les 4 autres n’ayant pas été convoqués. Partout au Sénégal, on parle de vol du siècle.
Dix-huit supporters sénégalais emprisonnés au Maroc
Par ailleurs, l’arrestation et la détention de 18 supporters sénégalais au Maroc ont provoqué une onde de choc, tant en Afrique que dans les cercles sportifs internationaux. Ils étaient au Maroc pour encourager l’équipe nationale du Sénégal lors d’événements sportifs, affichant leur passion et leur enthousiasme.
L’attaquant sénégalais n°10, Sadio Mané, brandit le trophée et célèbre la victoire avec ses coéquipiers après le match de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) contre le Maroc au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 18 janvier 2026. (SEBASTIEN BOZON / AFP).
Selon la justice marocaine, ces supporters auraient été arrêtés à la suite d’incidents qualifiés de troubles à l’ordre public.
Malheureusement, ce qui devait être une fête s’est transformée en une situation délicate, avec leur arrestation le jour de la finale. Selon la justice marocaine, ces supporters auraient été arrêtés à la suite d’incidents qualifiés de troubles à l’ordre public. L’inquiétude grandit concernant les conditions de leur garde à vue et la durée de leur incarcération, qui semble s’allonger sans procès, ni explications claires.
Face à cette situation alarmante, les autorités sénégalaises, plusieurs personnalités publiques, des associations de supporters, des joueurs et organismes internationaux se sont mobilisés pour exprimer leur solidarité et leur soutien.
La justice marocaine condamne des supporters sénégalais
En première instance, les 18 supporters sénégalais viennent d’être condamnés à des peines allant de trois mois à un an d’emprisonnement. Mais les autorités marocaines ont fait appel du jugement.
Le procès en appel, qui devait se tenir le 30 mars, a été reporté au 13 avril, provoquant l’ire des Sénégalais et des réactions indignées.
Entre-temps, la FSF a présenté le trophée de la CAN au stade de France à la diaspora sénégalaise, le 28 mars 2026, en marge du match amical face au Pérou.
Ces actes ravivent les tensions entre le Maroc et le Sénégal car bon nombre de Sénégalais considèrent les supporters incarcérés comme des otages et estiment que le Maroc cherchait à faire pression sur la CAF. De plus, le royaume chérifien aurait refusé, a dernier moment, d’organiser la coupe d’Afrique féminine alors qu’elle devait se tenir durant la troisième semaine de mars…
Entre-temps, la FSF a présenté le trophée de la CAN au stade de France à la diaspora sénégalaise, le 28 mars 2026, en marge du match amical face au Pérou. La fête de présentation du trophée s’est prolongée le 31 mars au stade Abdoulaye Wade Diamniadio (Dakar) en prélude du match face au voisin gambien.
Serigne Saliou Leye (au Sénégal)
(Le trophée est photographié avant le coup d’envoi de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football opposant le Sénégal au Maroc au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 18 janvier 2026. FRANCK FIFE / AFP).
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Source: LPOST

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