Venezuela : quand le président américain, Donald Trump, fait régner la loi du plus fort et piétine les règles internationales


Venezuela : quand le président américain, Donald Trump, fait régner la loi du plus fort et piétine les règles internationales
Plus de 36 ans après l’expédition de l’armée américaine qui a envahi le Panama pour aller capturer, en décembre 1989, le président Manuel Antonio Noriega, et l’exfiltrer vers les USA, Donald Trump a réédité l’opération ce samedi 3 janvier 2026. A l’instar du président de l’époque, un autre républicain, Georges W. Bush, l’actuel locataire de la Maison Blanche a bravé toutes les lois internationales pour engager des opérations militaires sur le territoire d’un Etat indépendant et souverain pour arrêter un président en exercice et son épouse et les exfiltrer vers les USA comme de vulgaires trafiquants.
C’est le point culminant de relations tendues entre Washington et Caracas dont les prémices remontent à 1999 après l’élection du socialiste Hugo Chavez. Elles se sont envenimées après le décès de ce dernier en 2013 et son remplacement par son dauphin, Nicolas Maduro, qui a remporté l’élection présidentielle partielle.
Ce faisant, Donald Trump applique la loi du plus fort au mépris de toutes les considérations diplomatiques et internationales créant ainsi un nouveau précédent susceptible de déstabiliser encore un peu plus l’ordre mondial.
Donald Trump applique la loi du plus fort au mépris de toutes les considérations diplomatiques et internationales créant ainsi un nouveau précédent susceptible de déstabiliser encore un peu plus l’ordre mondial.
Le président américain aurait pu attendre la fin du mandat de Nicolas Maduro et laisser la main aux autorités judiciaires américaines le soin de mener une enquête indépendante afin de traîner le président vénézuélien devant la justice américaine pour le condamner. Il faut dire que Nicolas Maduro est inculpé depuis 2020 pour narcoterrorisme et une importante prime à toute personne pouvant donner des informations fiables permettant de l’arrêter (la prime est passée de 15 millions de dollars en 2020 à 25 millions en 2025 après l’investiture du président vénézuélien pour un troisième mandat, puis à 50 millions en août dernier).
On peut ne pas aimer le président Nicolas Maduro et l’accuser de tous les maux (comme celui de diriger le cartel des Soleils ou d’être un président illégitime au regard des circonstances de son élection ou encore d’affamer son peuple), mais sa capture ce samedi 3 janvier 2026 par Donald Trump ne peut et ne doit pas être cautionnée. Car, qu’est-ce qui empêcherait le président d’un autre pays fort, doté d’une puissance militaire solide et disposant de l’arme nucléaire de mener la même opération à l’égard d’un autre chef d’Etat sous prétexte qu’il est accusé d’avoir enfreint les lois de son pays ?
Que dirait Trump qui essaie de négocier actuellement avec Vladimir Poutine si le président russe menait une opération similaire pour aller capturer son homologue ukrainien, Volodymyr Zelenski pour des accusations de corruption ou de maltraitance des populations russophones du Donbass ?
A titre d’exemple, que dirait Trump qui essaie de négocier actuellement avec Vladimir Poutine si le président russe menait une opération similaire pour aller capturer son homologue ukrainien, Volodymyr Zelenski pour des accusations de corruption ou de maltraitance des populations russophones du Donbass ? Si les autorités chinoises faisaient la même chose avec les dirigeants de Taiwan ou de Hong Kong ?
Au-delà des traditionnelles condamnations qu’entraînerait l’opération militaire américaine au Venezuela (marquée par la capture du président Maduro), aucune action concrète, voire aucune sanction ne sera entreprise à l’égard du président Trump et de son pays pour marquer le coup. Les organisations internationales comme l’Onu ou encore l’Otan ne feront rien d’autre. Que pourraient-elles faire d’ailleurs, à part condamner et dénoncer ? L’Europe, sous la présidence d’Ursula von der Leyen, et de ses autres dirigeants, a perdu son pouvoir d’influence et sa voix ne porte plus tellement.
Face à la situation, le président américain, Donald Trump, occupe le terrain et impose ses règles sur la scène internationale en jouant au gendarme, mais en privilégiant ses intérêts et ceux du pays de l’Oncle Sam.
Une partie de la population vénézuélienne, voire la majorité ou même sa diaspora applaudira des deux mains la destitution de Nicolas Maduro, mais l’opération américaine renforce l’incertitude qui s’installe sur la scène internationale et la désorganisation du système mondial.
Difficile de ne pas penser que la capture de Nicolas Maduro, sous couvert d’arrêter un narcotrafiquant ou de débarrasser le Venezuela d’un dictateur communiste, Donald Trump vise les réserves pétrolières du pays avec l’ambition d’y voir à sa tête un président qui lui sera redevable et qui pourra lui ouvrir les vannes des puits pétroliers vénézuéliens. Une partie de la population vénézuélienne, voire la majorité ou même sa diaspora applaudira des deux mains la destitution de Nicolas Maduro, mais l’opération américaine renforce l’incertitude qui s’installe sur la scène internationale et la désorganisation du système mondial.
(Image, publiée sur le compte Facebook « Truth Social » du président américain Donald Trump le 3 janvier 2026, montre, selon le président Trump, le président vénézuélien Nicolas Maduro à bord de l’USS Iwo Jima après sa capture par l’armée américaine le même jour. Photo : AFP)
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Source: LPOST

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