France : la mort de Quentin Deranque ravive les tensions entre extrême gauche et extrême droite


France : la mort de Quentin Deranque ravive les tensions entre extrême gauche et extrême droite
La mort de Quentin Deranque (23 ans) engagé dans le Collectif Némésis a bouleversé tout le pays et ravivé les tensions politiques. L’étudiant a été violemment agressé le 12 février 2026 aux abords de Sciences Po Lyon en marge d’une conférence de l’eurodéputée, Rima Hassan (LFI) par des individus se revendiquant antifascistes. Transporté à l’hôpital dans un état critique, Quentin est décédé deux jours plus tard des suites de ses blessures. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a donné une conférence de presse en fin de journée donnant quelques détails.
Dimanche, 15 février 2026, des rassemblements ont eu lieu devant la Sorbonne à Paris, ainsi que dans d’autres villes universitaires pour dénoncer la violence politique et rendre hommage à Quentin Deranque (23 ans). Il est décédé des suites de graves blessures qui lui avaient été infligées lors d’un passage à tabac gratuit. Ces mobilisations traduisent l’émotion et l’inquiétude croissante autour de la montée des affrontements entre militants de sensibilités opposées. L’affaire a pris une ampleur nationale et prend un tournant polémique sous fond de politique.
Extrême gauche contre extrême droite : deux collectifs jeunes s’opposent
À un an des élections législatives, la France apparaît de plus en plus polarisée et les positions gauche-droite se précisent. Le groupe Némésis, auquel Quentin appartenait, est à l’origine un collectif créé en 2019, également actif en Belgique, qui se présente depuis sa création comme le défenseur des violences faites aux femmes.
Cependant, il est classé à l’extrême droite en raison de son approche, liant ces violences à l’immigration de masse et à l’« Islamisation » de la société française.
Dans le cadre de l’enquête sur sa mort, l’attention s’est également portée sur La Jeune Garde, un groupe antifasciste formé en 2018 et présent dans plusieurs grandes villes françaises.
L’agression de Quentin s’est produite, jeudi 12 février 2026, alors que l’eurodéputée, Rima Hassan, participait à un événement politique à Sciences Po Lyon. Dans le cadre de l’enquête sur sa mort, l’attention s’est également portée sur La Jeune Garde, un groupe antifasciste formé en 2018 et présent dans plusieurs grandes villes françaises.
Ce collectif, jamais déclaré comme une association officielle, était connu pour ses actions directes et parfois violentes, ce qui avait conduit l’Assemblée nationale à le dissoudre l’an passé par décret. Lors de l’agression, un ancien membre, Jacques‑Élie Favrot, déjà actif au sein du groupe et collaborateur d’un député lié à La France Insoumise (LFI), aurait été identifié sur les lieux. Néanmoins, celui-ci nie totalement une quelconque participation à cet événement malheureux.
Une photo prise à Lyon le 16 février 2026 montre la façade de l’Institut d’études politiques (Sciences Po) de Lyon où s’est déroulée la conférence donnée par l’eurodéputée, Rima Hassan. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP).
Contexte de fortes tensions
Selon le Procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, les violences se sont produites dans un contexte de fortes tensions liées à la venue de Rima Hassan, contestée sur place par le Collectif Némésis. Vers 18h, plusieurs personnes de Némésis sont prises à partie par un groupe d’individus masqués et isolées dans le 5ᵉ arrondissement de Lyon.
Quentin et deux autres hommes sont violemment frappés. Seul Quentin est resté au sol. Retrouvé conscient par un proche, son état se dégrade rapidement. Il est hospitalisé en urgence et décède le 14 février à 12h25.
Homicide volontaire
L’autopsie a conclu à un traumatisme crânien grave avec une fracture temporale droite, une blessure jugée « incurable et mortelle à brève échéance », selon les médecins légistes. Une enquête pour violences en réunion commises par des personnes dissimulant leur visage et pour association de malfaiteurs en cours s’est transformée en homicide volontaire, passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
Quinze témoins ont été entendus. Des vidéos sont exploitées et aucune interpellation n’a, à ce stade, été réalisée. Le parquet précise qu’au moment des faits, seules trois personnes issues de la mouvance d’ultradroite étaient encore présentes face à un groupe d’individus issus de l’ultragauche qui eux étaient très nombreux.
L’autopsie a conclu à un traumatisme crânien grave avec une fracture temporale droite, une blessure jugée « incurable et mortelle à brève échéance ».
Refusant de s’appuyer sur des rumeurs, les enquêteurs cherchent à établir précisément le rôle de chacun. L’affaire a suscité de vives réactions politiques : le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a imputé la responsabilité à l’ultragauche, tandis que son homologue de l’Intérieur, Laurent Nuñez a évoqué un possible lien avec le collectif La Jeune Garde.
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a tenu une conférence de presse une semaine après l’assassinat d’un militant d’extrême droite au palais de justice de Lyon, le 16 février 2026. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP).
Mélenchon dénonce une instrumentalisation
À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), a dénoncé « une instrumentalisation politique de l’affaire ». Le Procureur de la république, a, pour sa part, réaffirmé sa volonté de s’en tenir strictement aux éléments judiciaires, sans citer de groupes politiques dans la procédure.
À l’approche des prochaines élections, le ministère de l’Intérieur publie systématiquement un classement des partis politiques français, organisés par blocs de clivage, afin de rendre plus lisibles les résultats électoraux sur l’ensemble du territoire.
Ce classement se base notamment sur les étiquettes politiques que les partis eux-mêmes déclarent, permettant ainsi aux électeurs de situer chaque formation sur l’échiquier politique. Il existe de nombreuses nuances dans ces catégories, offrant une diversité de représentations et de sensibilités.
LFI classée à l’extrême gauche
Le ministère de l’Intérieur a récemment classé La France Insoumise (LFI) à l’extrême gauche, alors qu’elle était auparavant considérée simplement à gauche.
Cette décision, annoncée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, repose sur trois critères : la remise en cause récurrente de l’autorité judiciaire et des médias, certaines critiques envers les forces de l’ordre, notamment lors des mobilisations de Sainte-Soline, rassemblement agricole annuel marqué par des manifestations et des tensions avec la police, et des positions jugées systématiquement opposées au Parti socialiste.
Le ministère de l’Intérieur a récemment classé La France Insoumise (LFI) à l’extrême gauche, alors qu’elle était auparavant considérée simplement à gauche.
Cette classification suscite des interrogations et des contestations, certains pointant que d’autres partis, comme Les Républicains, ont eux aussi critiqué des juges, par exemple lors de l’affaire Sarkozy, sans pour autant être placés à l’extrême droite.
Le classement français repose sur six blocs de clivage principaux : extrême gauche, gauche, centre, droite, extrême droite, et écologiste, chacun regroupant plusieurs nuances politiques.
À travers cette réévaluation, le ministère entend clarifier le paysage politique pour les électeurs qui seront appelés aux urnes dans un an.
Yannick Ferruzca (à Paris)
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Source: LPOST

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