Marine Le Pen rejugée en appel : l’avenir politique de la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale en suspens
Dix mois après le verdict rendu en première instance, le dossier de Marine Le Pen revient sur le devant de la scène judiciaire. L’audience en appel s’ouvre ce mardi 13 janvier 2026 à Paris. La cheffe des députés du Rassemblement national à l’Assemblée nationale avait été condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires du Parlement européen. Au cœur de ce nouveau procès, une question majeure : sa possible inéligibilité, qui pourrait compromettre une candidature à l’élection présidentielle de 2027. Marine Le Pen joue ici une part décisive de son avenir politique.
En première instance, le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans fermes aménageables sous bracelet électronique, à 100.000 euros d’amende, et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
Aujourd’hui, l’enjeu principal de l’appel est clair : parvenir à lever ou à atténuer les conséquences de cette condamnation.
Cette exécution immédiate de la peine l’empêche, à ce stade, de se présenter à une élection. Elle était poursuivie pour détournement de fonds publics dans un système mis en place entre 2004 et 2016, consistant à rémunérer des salariés du Front national avec des fonds du Parlement européen. Le préjudice financier est estimé à environ 4,6 millions d’euros.
Aujourd’hui, l’enjeu principal de l’appel est clair : parvenir à lever ou à atténuer les conséquences de cette condamnation. Trois issues demeurent possibles. Marine Le Pen peut tenter de faire suspendre l’exécution provisoire, obtenir une peine d’inéligibilité réduite, ou, dans l’hypothèse la plus favorable, être relaxée.
Comment peut-elle y parvenir ?
L’exécution provisoire signifie que la condamnation s’applique immédiatement, même lorsqu’un appel est formé. Pour tenter de la faire suspendre, Marine Le Pen peut déposer une demande motivée devant le premier président de la Cour d’appel.
La cheffe de groupe à l’Assemblée nationale devra notamment démontrer que l’application immédiate de la peine entraînerait des conséquences manifestement excessives, tant sur le plan personnel que politique. Cette procédure existe, mais elle reste exceptionnelle et soumise à l’appréciation stricte des magistrats.
La cheffe de groupe à l’Assemblée nationale devra notamment démontrer que l’application immédiate de la peine entraînerait des conséquences manifestement excessives, tant sur le plan personnel que politique.
Concernant l’inéligibilité, il s’agit d’une peine complémentaire. En appel, la cour peut décider de la réduire ou de ne pas la prononcer, si elle estime qu’elle est disproportionnée au regard des faits reprochés et de la personnalité de la prévenue. C’est sur ce point que se concentre l’essentiel de la stratégie de défense.
Jordan Bardella (à droite sur la photo) assure qu’il continuera à faire cmapgane avec Marine Le Pen (à gauche sur la photo) quelle que soit la décision de justice. (ALAIN JOCARD / AFP).
Un calendrier judiciaire inhabituel
Le procès en appel se déroulera à partir de ce mardi 13 janvier 2026 jusqu’ au 12 février 2026, soit environ dix mois après la décision de première instance. Ce délai est particulièrement court au regard des pratiques judiciaires habituelles, où les délais d’audiencement sont souvent de deux à trois ans.
Les magistrats ont d’ailleurs indiqué viser un arrêt avant la présidentielle de 2027, afin que la situation juridique de Marine Le Pen soit tranchée avant la période d’enregistrement des candidatures. Ce calendrier accéléré est régulièrement invoqué par ses soutiens pour démontrer qu’il ne s’agirait pas, selon eux, d’une volonté de l’écarter politiquement, contrairement à ce qu’elle affirme elle-même.
Les magistrats ont d’ailleurs indiqué viser un arrêt avant la présidentielle de 2027, afin que la situation juridique de Marine Le Pen soit tranchée avant la période d’enregistrement des candidatures.
En première instance, les juges avaient justifié la sévérité de la peine par l’ampleur du système frauduleux reproché, mais aussi par l’attitude de Marine Le Pen au cours des débats. Ses dénégations répétées, son ton combatif et ses mises en cause de la présidente du tribunal avaient été explicitement mentionnés dans la motivation du jugement. Reste à savoir si, en appel, elle adoptera une stratégie différente, susceptible de convaincre la Cour d’atténuer la sanction, ou du moins de prononcer une peine non assortie d’inéligibilité, qui demeure le véritable verrou de son avenir politique.
Une défense inchangée
Marine Le Pen continue de clamer son innocence. Elle affirme que son parti n’a commis aucune infraction et que le Parlement européen avait validé les dépenses au fur et à mesure. Elle évoque une frontière floue entre ce qui serait autorisé et ce qui ne le serait pas, et persiste à dénoncer une décision qu’elle qualifie de politique plus que judiciaire. Dans ce dossier, vingt-cinq personnes ont été condamnées, dont le Rassemblement national en tant que personne morale. Douze d’entre elles, dont Marine Le Pen, ont fait appel.
Si la peine d’inéligibilité est confirmée en appel, Marine Le Pen pourrait encore se pourvoir en cassation.
Le procès d’appel devrait donc être plus court que celui de première instance, avec une durée estimée à cinq semaines. Le délibéré pourrait être rendu à l’été 2026. Si la peine d’inéligibilité est confirmée en appel, Marine Le Pen pourrait encore se pourvoir en cassation. Elle a toutefois indiqué qu’elle déciderait de la suite à donner à la procédure après l’arrêt de la Cour d’appel, notamment pour ne pas entraver la dynamique de son dauphin, Jordan Bardella.
Fin novembre, un sondage a donné l’actuel président du RN pour la première fois vainqueur potentiel d’une présidentielle face à ses rivaux. Jordan Bardella affirme, pour sa part, que rien ne pourra les diviser, Marine Le Pen et lui, et qu’ils continueront à faire campagne ensemble, avant comme après l’appel, convaincu que Marine Le Pen pourrait redevenir éligible dans les mois à venir.
Yannick Ferruzca (à Paris)
(Le procès en appel de Marine Le Pen s’ouvre ce mardi 13 janvier 2025 à Paris. Photo : Thomas SAMSON / AFP).
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Source: LPOST

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