Iran : La contestation s’étend, le régime hésite entre dialogue et répression


Iran : La contestation s’étend, le régime hésite entre dialogue et répression
AFP

IRAN. Ce mercredi, les manifestations contre la hausse des prix se sont étendues, en Iran, alors que, dans plusieurs villes, le mouvement était rejoint par les étudiants. Le régime est confronté à une nouvelle crise mais semble vouloir temporiser. Mardi, le président Masoud Pezeshkian a appelé l’exécutif à agir avec « responsabilité » et à ouvrir le dialogue avec les protestataires. Mais la marge de manœuvre est étroite.
Mardi, Téhéran a connu sa troisième journée consécutive de manifestations contre la hausse du coût de la vie – entrainée par une inflation galopante – et les protestations ont continué à s’étendre aux villes de provinces, avec des rassemblements, entre autres, à Qesh (sud) ou Hamadan (Nord). Plus inquiétant encore pour le régime, la grogne s’étend désormais à plusieurs universités, les étudiants se joignant aux commerçants et aux marchands pour exprimer leur mécontentement face à la dévaluation de la monnaie et aux coûts qui en découlent.
La contestation s’étend aux universités et à la province
L’agence de presse Fars a rapporté que des centaines d’étudiants ont manifesté mardi dans quatre universités de la capitale tandis que d’autres médias indiquaient que sept sites étaient concernés. Des manifestations ont également éclaté à l’université technologique de la ville centrale d’Ispahan et dans des établissements des villes de Yazd et Zanjan, ont rapporté Ilna et l’agence officielle IRNA.
Les manifestations avaient commencé dimanche après-midi après que les commerçants de téléphonie mobile et d’électronique de Téhéran ont fermé leurs magasins, avant de mobiliser des travailleurs des transports publics et privés, de la santé et d’autres secteurs ainsi que des chômeurs.
Ce que veulent les Iraniens, c’est retrouver une vie digne, pouvoir faire face à leurs obligations, élever leurs enfants dans une certaine sécurité (…)
Des affrontements sporadiques ont été constatés, aussi bien dans la capitale que dans la région, mais tous les observateurs s’accordent à estimer que la répression reste « modérée », sans commune mesure, en tout cas, avec celle qui avait accompagné le mouvement de contestation qui avait suivi la mort de Masha Amini en 2022 et qui s’était soldée par des centaines de morts, des milliers de blessés et plus de 17 000 arrestations.
En 1979, c’est l’alliance du « Bazar » et des Etudiants qui avait fait tomber le Shah
Il est manifeste que le régime des mollahs, très affaibli par la « Guerre des douze jours » qui avait vu ses sites nucléaires et d’autres installations liées à l’appareil de sécurité visés par des bombardements israéliens et américains, souhaite éviter l’escalade. D’autant que les mollahs ont la mémoire longue et se rappellent très bien que c’est la convergence de la révolte des étudiants et de celle du « bazar » (les commerçants et les classes moyennes), qui avait précipité la chute du Shah en 1979.
Pour le moment, donc, il laisse la police et ses unités anti-émeutes gérer la situation et, s’il a mobilisé les Gardiens de la Révolution (son armée idéologique) et les Bassidji (leurs réservistes, qui se comptent par millions), il les garde actuellement en réserve.
On voit refleurir des slogans politiques qui traduisent une contestation radicale du régime, tels que (…)  Mort au dictateur !
Par ailleurs, le président Masoud Pezeshkian s’est exprimé lundi soir sur les réseaux sociaux pour annoncer qu’il avait demandé à son ministre de l’Intérieur d’organiser des discussions afin d’examiner les « revendications légitimes » des manifestants et d’élaborer une réponse du gouvernement qu’il a appelé à agir « avec responsabilité » : « Nous avons des mesures fondamentales à l’ordre du jour pour réformer le système monétaire et bancaire et préserver le pouvoir d’achat de la population », a déclaré le président, après que la monnaie iranienne, le rial, ait perdu près de la moitié de sa valeur par rapport au dollar américain au cours de l’année 2025.

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Source: LPOST

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