Décès en direct de Jean Pormanove : « Avec des images aussi explicites, la condamnation paraît difficile à éviter »


Décès en direct de Jean Pormanove : « Avec des images aussi explicites, la condamnation paraît difficile à éviter »
Cette photographie montre le crématorium de Nice où se sont déroulées les obsèques de Raphaël Graven, à Colomars, près de Nice, le 27 août 2025. Frederic DIDES / AFP

Le décès de Raphaël Graven, plus connu sous son pseudonyme de Jean Pormanove, continue de susciter une vive émotion dans la communauté du streaming. Le jeune homme, 22 ans, est mort après plusieurs semaines de diffusion quasi ininterrompue sur la plateforme Kick, où il participait à des défis orchestrés par d’autres créateurs. Sa disparition a ouvert une enquête judiciaire complexe, mêlant harcèlement, violences en ligne et responsabilité des plateformes. Ses obsèques se sont déroulées, mercredi 27 août 2025 à Nice, dans l’intimité, en présence de sa mère et de son frère. Owen Cenazandotti et Safine Hamadi, les deux streamers qui lui faisaient subir des sévices en direct sur une chaîne ont assisté à la cérémonie, ainsi que quelques dizaines de proches. Au-delà de l’émotion, que peut dit aujourd’hui le droit ? Pour éclairer cette affaire, L-Post a sollicité l’avocat Nathan Benzacken, du cabinet Hashtag Avocats, spécialiste du droit du numérique.
Le cyberharcèlement, une infraction aux contours stricts
Premier réflexe face au drame : évoquer le cyberharcèlement. L’infraction est prévue par l’article 222-33-2-2 du Code pénal. « Le cyberharcèlement expose son auteur à des peines allant d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, jusqu’à trois ans et 45.000 euros si plusieurs circonstances aggravantes sont réunies », rappelle Me Nathan Benzacken.
Parmi ces circonstances, on retrouve le fait que les agissements soient commis sur une personne vulnérable, ou par le biais d’un service de communication en ligne, ce qui est le cas sur une plateforme comme Kick.
Mais la difficulté, souligne l’avocat, est la preuve. Pour caractériser le harcèlement, il faut démontrer une « dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé », par exemple au travers d’expertises médicales ou de témoignages. « Dans le cas d’un décès, cette preuve devient encore plus complexe ».

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Source: LPOST

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