Le MR ne compte pas lever le pied sur le train des réformes pour armer la Belgique face aux défis
Lors d’une rencontre avec la presse nationale du pays, Georges-Louis Bouchez a réaffirmé la position de son parti sur les différentes réformes annoncées, concernant notamment l’augmentation de l’âge de la retraite à la SNCB, la flexibilisation du marché du travail, le droit à la démission, le travail des étudiants, etc. Le président du MR réaffirme l’engagement du Gouvernement fédéral à mobiliser des ressources pour investir dans la défense en y incluant la cybersécurité. Il estime que la question énergétique est cruciale et qu’il faut trouver des moyens pour faire face à la guerre commerciale ainsi qu’à l’utilisation de la technologie comme moyen de guerre. Le définancement des organisations qui soutiennent financièrement le terrorisme serait au menu du programme du gouvernement Arizona. Le président du MR dénonce la violence de la gauche et de l’extrême gauche. Il n’est pas inquiet à propos de la polarisation de la société, car elle est le résultat d’une société en crise qui passe d’un ancien monde qui disparaît vers un nouveau monde plein d’incertitudes. Mais assure Georges-Louis Bouchez, « il faut faire confiance au progrès, à la jeune génération, à la classe moyenne » et « accepter de quitter un peu le confort immédiat » pour un monde meilleur.
Après un premier report, c’est dans l’ancien immeuble historique de la Royale Belge, au deuxième étage (espace MIX), que le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a convié, ce mardi 18 mars, pour présenter ses vœux à la presse nationale autour d’un « walking dinner ». L’occasion pour le trublion de la politique belge de revenir sur plusieurs points importants pour les libéraux présents dans les majorités au niveau fédéral, en Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le MR ne reculera pas sur les réformes
Et comme à son habitude, l’homme n’a pas pris de gants pour planter le décor. « Lors des élections du 9 juin dernier, les Belges ont voté pour le changement. Par conséquent, nous allons faire les réformes et elles vont toucher tous les secteurs. Ça ne sert à rien de gagner les élections et de ne pas appliquer son programme. On peut soit continuer comme avant, soit avancer vers le progrès. Le conservatisme est une faute grave de la gauche. Ce qui est bien avec les réformes, c’est qu’elles sont désirables avant les élections, mais une fois que celles-ci sont passées, elles deviennent négatives », entame Georges-Louis Bouchez.
Lors des élections du 9 juin dernier, les Belges ont voté pour le changement. Par conséquent, nous allons faire les réformes et elles vont toucher tous les secteurs.
Il fait un clin d’œil à la grève des cheminots, opposés à l’augmentation progressive de l’âge de la pension notamment pour le personnel roulant, en précisant que « l’agitation actuelle ne va pas nous faire reculer. Il n’y aura pas de marche arrière. Faire grève pour préserver la pension à 55 ans en pénalisant ceux qui vont prendront leur retraite à 65 ans, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond ».
A l’entendre, le MR ne compte pas lever le pied sur les réformes prévues à l’agenda, tant au niveau fédéral qu’en Région wallon et la Fédération Wallonie-Bruxelles. En Région wallonne, il estime qu’en décrétant une révision des primes à la rénovation énergétique, l’exécutif régional (MR, Les Engagés) a sauvé le dispositif et a évité à la Wallonie de se retrouver dans une situation à la Bruxelloise où le fonds énergie est désargenté.
La ministre francophone de l’Education et de l’Enseignement de promotion sociale, Valérie Glatigny, en discussion. Crédit: Nathalie Bidoul.
Redressement économique
Au niveau fédéral, il rappelle que près de 200 réformes sont au programme (marché du travail, représentation syndicale, travail des étudiants, droit à la démission, etc.). Et pour le président des libéraux francophones, ces réformes visent à s’adapter aux nouveaux modes de vie des citoyens.
On ne pourra pas améliorer la situation budgétaire si on n’augmente pas le taux d’emploi, par exemple.
Pour lui, le redressement économique de la Belgique est indispensable et les réformes envisagées vont y contribuer. « On ne pourra pas améliorer la situation budgétaire si on n’augmente pas le taux d’emploi, par exemple », dit-il. Il convoque le général de Gaulle pour appuyer sa vision : « l’économie est la condition du progrès social ».
Il soutient que la réforme de l’enseignement qualifiant qui a fait beaucoup parler d’elle nécessaire et d’ailleurs, des solutions ont été trouvées pour tous les étudiants ou presque. L’objectif pour l’enseignement est d’aller vers l’excellence.
Pour Georges-Louis Bouchez, l’excellence doit être la norme dans l’enseignement. Crédit : Nathalie Bidoul
Présence de grosses pointures du MR
Dans l’assistance, de grosses pointures du Mouvement réformateur sont présents : la députée européenne, Sophie Wilmès ; la commissaire européenne, Hadja Lahbib ou encore la sénatrice Valérie De Bue. Sans oublier des ministres, notamment Bernard Quintin (Intérieur, fédéral), Jacqueline Galant (Fonction publique, Médias, Région wallonne et Communauté française), Anne-Catherine Dalcq (Agriculture, Région wallonne). Rudy Aernoudt, le nouveau chef de cabinet du président des libéraux francophone est également là.
Pour Georges-Louis Bouchez, les plus grandes menaces pressantes qui nous guettent sont la guerre commerciale et la cybersécurité. « Nous avons une plus grande chance aujourd’hui de voir la Belgique ou l’Europe renvoyées au Moyen-Age à cause d’une guerre commerciale que nous feraient la Chine et les Etats-Unis ou à cause de cyberattaques russes pour nous mettre à genoux que de voir des missiles russes à Bruxelles », observe-t-il. La lutte contre le terrorisme est un autre enjeu immédiat et il est question ici de définancer les organisations qui soutiennent les organisations terroristes.
Faire des choix budgétaires
Georges-Louis Bouchez a donc réaffirmé l’engagement du gouvernement Arizona de dégager des moyens pour financer la défense (incluant la cybersécurité). Et pour lui, il est possible d’atteindre les 2% du PIB consacrés à la défense dès cette année. Mais pour ce faire, « il faudra faire des choix budgétaires. On doit pouvoir trouver des moyens structurels, mais ça demande un courage politique ». Il n’exclut donc pas la vente de certaines participations, mais en ayant une bonne vision stratégique et en évitant que les actifs belges ne tombent dans des mains chinoises ou d’autres.
La ministre à double casquette, Jacqueline Galant, en pleine discussion. Crédit : Nathalie Bidoul.
Il rejette les accusations qui visent le gouvernement Arizona dans sa volonté d’accorder des moyens à la défense. « Certains à gauche nous reprochent d’investir dans l’armée au détriment des politiques sociales. Mais je voudrais juste rappeler une chose : si on n’arrive pas à se protéger, il n’y aura plus de politique sociale, ni d’hôpitaux. Il n’y aura plus rien. Si on veut préserver notre bien-être, on doit investir dans la défense », martèle Georges-Louis Bouchez.
Les débats clivants sont bons pour la démocratie
Il rappelle également que l’énergie et la disposition de matières premières sont tout aussi importantes.
La polarisation de la société qui s’effectue ne l’inquiète pas. Au contraire, car il estime que les débats virulents et clivants sont le moteur de la démocratie. « Il n’y a pas de clivage en Russie, ni en Chine », dit-il. Mais il estime qu’on confond ces débats nécessaires et les attaques ad hominem.
Après avoir passer en revue plusieurs sujets, Georges-Louis Bouchez se veut rassurant. « Le monde qui s’ouvre peut-être meilleur. Il faut avoir confiance dans le progrès, dans la jeune génération, la classe moyenne, etc. Il faut aussi accepter de quitter un peu le confort immédiat. Nous travaillons dans l’intérêt collectif et général des citoyens », conclut-il.
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Source: LPOST
