Clap de fin politique pour Alain Mathot à Seraing, mais que fait le PS ?
Avec le rejet de son pourvoi en cassation, L’ex-député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot (PS), condamné pour corruption, n’est pas près de revenir sur la scène politique. (PS) BELGALa Cour de cassation a rendu mercredi 2 novembre un arrêt rejetant le pourvoi en cassation de l’ancien député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, ex-mandataire du PS. Sa condamnation au pénal dans le dossier d’attribution du marché public de construction de l’incinérateur Uvelia (pour l’intercommunale Intradel à Herstal en région liégeoise) est donc devenue définitive (sauf s’il se tourne vers la Cour européenne des Droits de l’Homme et si cette dernière lui donne raison). Acquitté en première instance, l’ancien homme fort de la cité de fer avait reconnu coupable de corruption passive (pour avoir touché 700.000 euros) et de fraude fiscale en mars dernier. Il avait été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis, une peine assortie d’une amende de 5.500 euros et d’une inéligibilité de 5 ans.
L’arrêt de la Cour de cassation vient donc enterrer, une bonne fois pour toutes, la carrière politique du fils aîné de feu Guy Mathot, un des ténors du PS liégeois. Il faut dire que l’intéressé même ne se faisait guère plus d’illusions sur son avenir politique et avait démissionné du PS avant d’en être exclu par ses pairs. La carrière politique est loin d’être une sinécure, mais tout mandataire qui décide d’y consacrer sa vie professionnelle se doit de faire preuve d’une exemplarité irréprochable. Les formations politiques font donc preuve de courage et renforcent la confiance des citoyens en leur action quand elles décident de ne confier des mandats électifs ou de gestion à des responsables qui n’ont rien à se reprocher et qui ont un casier judiciaire vierge.
La carrière politique est loin d’être une sinécure, mais tout mandataire qui décide d’y consacrer sa vie professionnelle se doit de faire preuve d’une exemplarité irréprochable.
Le Parti socialiste (PS) francophone avait fait ce choix en excluant de ses rangs tout repris de justice et certains sont contraints de démissionner de leur mandat juste parce qu’ils sont l’objet de soupçons ou ont eu un comportement immoral. On se rappelle de l’exclusion de Claude Despiegeleer en septembre 2016 après différentes condamnations en justice pour détournement notamment dans le dossier des logements sociaux de la société La Carolorégienne. On se rappelle encore du cas de l’ancien ministre-Président wallon et ancien homme fort du PS à Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, obligé de faire un pas de côté à cause des poursuites judiciaires qui l’avaient ciblé. Il a dû affronter une terrible traversée du désert avant d’être totalement acquitté, bien des années plus tard, en 2015 et en 2017, de toutes les accusations qui avaient été portées contre lui. Mais il n’est plus jamais revenu sur la scène politique de premier plan, consacrant depuis son départ forcé à la peinture.
S’il est louable de la part des partis politiques de faire le ménage dans leur rang en obligeant ceux qui font l’objet de poursuites judiciaires ou qui sont condamnés en justice à faire un pas de côté, certains accommodements (peu raisonnables) avec cette règle de principe interpellent. Il serait donc normal qu’un Alain Mathot démissionne du PS ou n’y joue plus un rôle de premier plan, mais quel message le parti à la rose dirigé par Paul Magnette envoie-t-il aux citoyens et électeurs wallons et bruxellois quand il décide de fermer les yeux sur le cas du député-bourgmestre de Sambreville, Jean-Charles Luperto, condamné en justice pour faits de mœurs et dont le dernier recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme a été rejeté ?
C’est le flou qui caractérise le respect des principes ou des règles qui pousse le citoyen à se détourner du politique ou encore à se tourner vers des partis radicaux ou extrémistes.
Ferait-on donc une différence entre des condamnations liées à des affaires d’ordre privé et celles relatives à des manquements dans l’exercice d’une fonction politique ? Par conséquent, le devoir d’exemplarité que le peuple attend d’un élu politique serait-il donc à géométrie variable ? Mais toujours est-il que c’est justement ce flou qui caractérise le respect des principes ou des règles qui interpelle le citoyen et le pousse à se détourner du politique ou encore à se tourner vers des partis radicaux ou extrémistes. Ces derniers ne font qu’exploiter la frustration et le mécontentement des électeurs pour renforcer leur assise et réaliser de sombres desseins.
Les formations politiques feraient mieux de s’en tenir à leurs règles et principes une fois qu’elles les ont édictés afin d’éviter tout retour de flamme de la part des citoyens ou des électeurs.
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Source: LPOST
