Epistola, la parole est aux prisonniers d’opinion…
Ce mercredi, la section belge francophone d’Amnesty International lance son premier podcast, Epistola, qui donne la parole à des anciens prisonniers d’opinion et à des militants qui se sont mobilisés pour leur libération via l’écriture de lettres. Constitué d’un prologue et de trois épisodes de 20 minutes chacun, ce podcast met notamment en évidence le lien particulier qui unit les militants pour les droits humains et les personnes pour lesquelles ils se battent.
Le prologue, mis en ligne ce mercredi 2 novembre, plante le décor de cette action si singulière qui consiste à écrire des lettres pour des personnes injustement détenues.
« Epistola est l’occasion de montrer que l’écriture de lettres en faveur de personnes injustement détenues, et plus généralement d’individus dont les droits sont bafoués, est un moyen d’action réellement efficace et porteur de sens. Les auditeurs pourront s’en rendre compte en écoutant les témoignages inédits de personnes qui ont bénéficié de cette solidarité et de celles qui ont pris le stylo pour changer les vies d’individus qui leur étaient pourtant inconnus », explique Diane Semerdjian, chargée de mobilisation digitale au sein de la section belge francophone d’Amnesty International.
La parole à ceux à qui ont la refuse
Dans le premier épisode, publié le même jour, Amnesty International tend le micro à un ancien prisonnier d’opinion iranien, Hamid Babaei. Arrêté et détenu six années dans son pays d’origine en raison de son refus d’espionner ses compatriotes en Belgique, Hamid a bénéficié d’un large soutien en Belgique (particulièrement à Liège, où il était étudiant). La parole sera également donnée à Luc Pire, qui, en compagnie d’autres militants d’Amnesty International, s’est intensément mobilisé pour Hamid Babaei, notamment en écrivant et faisant écrire au public de nombreuses lettres en faveur de Hamid.
Retour sur le combat d’Amaya Coppens
Le deuxième épisode, qui sera rendu public le 10 novembre, sera consacré à Amaya Coppens, une jeune militante belgo-nicaraguayenne, arrêtée au Nicaragua en septembre 2018 pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique dans le cadre de manifestations qui secouaient alors le pays. Suite à une mobilisation sans précédent, Amaya a été libérée le 11 juin 2019.
Cela n’aurait pas été possible sans des militantes comme Sofia Gazon, qui, de son kot Amnesty International à Louvain-la-Neuve, s’est employée à donner de la visibilité au cas d’Amaya et à faire affluer des lettres de solidarité en sa faveur.
Le troisième et dernier épisode sera mis en ligne le 18 novembre et reviendra sur l’histoire d’Yves Makwambala, un militant congolais du mouvement citoyen « Lutte pour le changement » (LUCHA). Arrêté en mars 2015 en République démocratique du Congo avec Fred Bauma, un autre militant du mouvement LUCHA, tous deux ont été emprisonnés en raison de leur travail pacifique en faveur de la démocratie.
Finalement libérés en septembre 2016, Fred et Yves ont pu compter sur la mobilisation de centaines de milliers de personnes qui ont écrit aux autorités congolaises pour exiger leur libération. Au micro d’Epistola, les auditeurs pourront entendre la voix d’Yves Makwambala et celle de Christian Rumu, qui était chargé de campagne pour la région Grands Lacs au sein d’Amnesty International au moment de l’arrestation de Fred et Yves.
Pour aller plus loin: Epistola peut être écouté via les plateformes Deezer, Spotify et Apple Podcast.
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Source: LPOST