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Londres : Burnham réaffirme son soutien à l’Ukraine et à Zelensky lâchés par les Etats-Unis

Reçu mercredi 14 octobre à Downing Street par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a bénéficié d’un accueil particulièrement solennel. Cette nouvelle rencontre inter…

Reçu mercredi 14 octobre à Downing Street par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a bénéficié d’un accueil particulièrement solennel. Cette nouvelle rencontre intervient alors que les frappes russes s’intensifient et que les relations entre Kyiv et Washington se tendent. Londres promet d’accélérer son aide militaire et cherche à préserver le dialogue entre l’Ukraine et les Etats-Unis. La visite de Volodymyr Zelensky intervient alors que le president américain, Donald Trump, lui a désormais tourné ledos et que le réseau de satellites Starlink connaît bizarrement des ratés sur le terrain. Or, celui-ci est d’une importance cruciale pour la communication sur le champ de guerre pour les combattants ukrainiens. L’Europe aussi va examiner son aide financier à l’Ukraine et le dossier est loin d’être facile…

Une garde d’honneur des Irish Guards, un tapis rouge et des applaudissements devant le 10 Downing Street. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a été accueilli mercredi après-midi à Londres par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, qui lui a renouvelé le soutien de son pays. « Nous sommes derrière vous et cela ne changera pas », lui a-t-il déclaré devant les journalistes, avant leur entretien.

Contexte diplomatique difficile pour Zelensky

Cette réception, accompagnée d’une cérémonie militaire inhabituelle à Downing Street, intervient moins de trois mois après leur première rencontre, le 27 juillet, à la base navale de Portsmouth.

Zelensky avait alors été reçu à bord du porte-avions HMS Queen Elizabeth, quelques jours après l’arrivée de Burnham au pouvoir. Le Premier ministre britannique s’était ensuite rendu à Kyiv en août. Le président ukrainien est donc revenu au Royaume-Uni ce mercredi, dans un contexte diplomatique sensiblement plus difficile.

Avant de se rendre à Downing Street, Zelensky avait également été reçu par le roi Charles III au palais de Buckingham, lors d’une audience d’environ 25 minutes.

Cette photo, diffusée par le service de presse de la présidence ukrainienne le 8 octobre 2026, montre le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche), le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband (deuxième à droite), le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha (à gauche) et le ministre ukrainien de l'Intérieur Ivan Vyhivskyi (à droite) déposant des peluches devant un immeuble résidentiel en hommage aux enfants tués lors d'une attaque de missile russe qui a rasé un immeuble de cinq étages à Pryluky, en Ukraine. (UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP).

Bombardements d’infrastructures énergétiques

Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump. Le président américain a récemment conclu un accord avec Moscou visant à assouplir les sanctions sur les exportations de diesel russe, permettant ainsi l’approvisionnement des USA. Cette décision est critiquée par Londres et plusieurs capitales européennes. Il a également appelé l’Ukraine à cesser ses frappes contre les raffineries russes et évoqué un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques.

Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump.

Mais sur le terrain, les bombardements se poursuivent. Dans la nuit de mardi à mercredi, de nouvelles frappes russes ont touché Kyiv et plusieurs autres villes ukrainiennes, endommageant des infrastructures énergétiques et privant quelque 600 000 personnes d’électricité. Au moins trois personnes ont été tuées à Kyiv, tandis qu’une autre attaque russe a fait six morts à Loutsk, dans le nord-ouest du pays.

Restriction préjudiciable du réseau Starlink

A Downing Street, Zelensky a dénoncé cette nouvelle escalade et évoqué les difficultés rencontrées par son armée concernant le partage de renseignements et l’utilisation de Starlink, le réseau satellitaire d’Elon Musk, essentiel aux opérations militaires ukrainiennes.

Selon plusieurs responsables militaires ukrainiens, SpaceX a impose, sans préavis, des restrictions à certains terminaux Starlink utilisés pour guider des drones, perturbant plusieurs opérations sur le terrain. Ces limitations toucheraient notamment les appareils se déplaçant à plus de 160 km/h. Kyiv cherche désormais à obtenir des explications sur ces restrictions.

Un système internet haut débit par satellite Starlink, utilisé par des militaires ukrainiens, est visible à Bakhmut le 1er février 2023, en pleine invasion russe de l'Ukraine. (YASUYOSHI CHIBA / AFP).

Selon plusieurs responsables militaires ukrainiens, SpaceX a impose, sans préavis, des restrictions à certains terminaux Starlink utilisés pour guider des drones, perturbant plusieurs opérations sur le terrain.

Le président ukrainien a également fait état de l’absence d’alertes préalables de ses partenaires occidentaux concernant de récentes frappes de missiles russes. Il n’a toutefois pas confirmé une interruption générale du partage de renseignements américains. La Commission européenne et l’OTAN indiquent ne disposer d’aucun élément démontrant sa suspension.

Londres accélère son aide militaire

Face à ces incertitudes, Andy Burnham entend maintenir le soutien britannique à l’Ukraine. Avant la rencontre, Downing Street avait annoncé une enveloppe de 45 millions de livres pour la fourniture de missiles sol-air, dont 10 millions de livres de livraisons doivent être accélérés afin de répondre aux besoins urgents de Kyiv.

Ces livraisons s’inscrivent dans un programme britannique de 1,6 milliard de livres prévoyant plus de 5 000 missiles légers multirôles sur quatre ans. Ces armes doivent notamment permettre aux forces ukrainiennes d’intercepter les nouveaux drones russes à réaction, plus difficiles à neutraliser.

Le gouvernement britannique prépare également de nouvelles mesures de soutien militaire et financier, ainsi que des sanctions supplémentaires contre Moscou

Le gouvernement britannique prépare également de nouvelles mesures de soutien militaire et financier, ainsi que des sanctions supplémentaires contre Moscou. Londres appelle notamment ses partenaires à renforcer les restrictions sur les services maritimes qui facilitent les exportations de gaz naturel liquéfié russe.

Andy Burnham a par ailleurs demandé à ses ministres d’examiner d’autres moyens de soutenir l’Ukraine, alors que la Russie poursuit ses attaques contre les infrastructures énergétiques du pays à l’approche de l’hiver.

Le Premier ministre portugais Luis Montenegro, le Premier ministre belge Bart De Wever et le président français Emmanuel Macron photographiés lors d'un sommet du Conseil européen (15-16 octobre) le jeudi 15 octobre 2026 à Bruxelles. Les dirigeants européens discuteront de la compétitivité européenne, notamment des prix de l'énergie. Ils aborderont également le budget à long terme de l'UE pour la période 2028-2034, le maintien du soutien à l'Ukraine, les attaques hybrides liées à la Russie en Europe, les migrations, l'élargissement et les réformes, ainsi que la situation au Moyen-Orient. (BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK).

Burnham cherche à préserver le dialogue avec Washington

Le Premier ministre britannique se trouve néanmoins dans une position délicate. Tout en affichant son soutien à Zelensky, il souhaite éviter une rupture entre Kyiv et Washington, dont l’aide militaire et les renseignements restent essentiels à la défense ukrainienne.

Devant les députés britanniques, Burnham a expliqué vouloir rétablir le dialogue entre Donald Trump et le président ukrainien. Londres a cependant pris ses distances avec l’accord américano-russe sur le diesel, estimant nécessaire de maintenir la pression économique sur Moscou.

La réception de mercredi rappelle celle réservée à Zelensky en 2025, après son altercation avec Donald Trump et JD Vance à la Maison-Blanche.

La réception de mercredi rappelle celle réservée à Zelensky en 2025, après son altercation avec Donald Trump et JD Vance à la Maison-Blanche. Le président ukrainien avait alors été accueilli à Downing Street par Keir Starmer, avant d’être reçu par Charles III.

Cette fois encore, le Royaume-Uni a voulu afficher publiquement son soutien à Kyiv. Mais au-delà des honneurs militaires et des assurances diplomatiques, Zelensky doit désormais faire face à une double difficulté : protéger son pays contre l’intensification des frappes russes et préserver une coopération américaine dont dépend toujours une partie importante de sa défense.

Alexander Seale (au Royaume-Uni)

Par Philippe Lawson — source : L-Post

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