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Débat tendu à la Chambre sur le dossier de la restructuration qui menace 1.217 emplois chez GSK

L’onde de choc de l’importante restructuration annoncée, mercredi, par la direction de GSK a atteint la Chambre des députés. Le dossier a été évoqué jeudi en séance plénière avec de nombreuses interpellations adressée…

L’onde de choc de l’importante restructuration annoncée, mercredi, par la direction de GSK a atteint la Chambre des députés. Le dossier a été évoqué jeudi en séance plénière avec de nombreuses interpellations adressées au ministre fédéral de l’Emploi et de l’Economie, David Clarinval (MR). Celui-ci a essayé de défendre d’aides publiques dont a bénéficié le groupe pharma, alors que l’opposition lui demande de faire pression sur GSK pour obtenir le retrait du plan de réduction des effectifs. Sur le terrain, les travailleurs ont bloqué jeudi les sites de production de GSK. La direction a convié les représentants des travailleurs à une réunion ce vendredi matin afin de fixer le calendrier des futures rencontres. Mais la mobilisation reste de mise au sein du personnel.

L’importante restructuration annoncée mercredi par la direction de GSK aux représentants des travailleurs lors d’un Conseil d’Entreprise extraordinaire (CEE) n’a pas encore fini de faire parler d’elle. Jeudi, le dossier est évoqué par les députés lors de la séance plénière durant laquelle le ministre fédéral de l’Emploi et de l’Economie, David Clarinval (MR) a été bombardé d’interpellations. Il faut dire qu’il est question d’une réduction des effectifs pouvant aller jusqu’à 1.217 travailleurs chez le géant des vaccins.

Un gouvernement fort avec les faibles

Le sujet mérite donc une attention particulière des députés et ceux de l’opposition ont tenu à faire entendre leur indignation devant l’annonce. Après avoir reproché au groupe pharma d’avoir mis fin à sa politique de diversité sous la pression de la politique du président américain, Donald Trump, la députée Sarah Schlitz (Ecolo) a estimé que GSK devrait rembourser les aides dont il a bénéficié.

Il faut montrer les dents en disant qu’aujourd'hui, GSK, s’il ne maintient pas ses emplois, va rembourser ces aides.

« Avec n’importe quel autre secteur, vous seriez déjà en train de dénoncer cela dans toute la presse. Si c’était des allocataires sociaux… Quand ce sont des associations, il faut carrément un doctorat pour arriver à remplir les justificatifs pour toucher 1.000 euros de subsides. Mais ici, un demi-milliard, et tout va bien ! En fait, ce qu’il se passe ici n'est pas du tout de votre faute ; c’est la faute des Etats-Unis, de la Chine. Il faut montrer les dents en disant qu’aujourd'hui, GSK, s’il ne maintient pas ses emplois, va rembourser ces aides. (…). C’est ce qu’il faut faire face à des géants pareils, qui sont sans scrupules », a dénoncé la députée écologiste.

Les députées Sarah Schlitz/Ecolo (à gauche sur la photo) et Anne Pirson/Les Engagés (à droite sur la photo).

Le bilan de l’Arizona est un fiasco

D’après le calcul des syndicats, les différentes aides accordées à GSK s’élèveraient à au moins 481 millions d’euros en 2025. Sarah Schlitz redoute une situation compliquée pour les travailleurs dans la mesure où le gouvernement a supprimé les prépensions payées par l’employeur et plafonné les préavis.

Dimitri Legasse (PS) a observé que l’annonce de suppression de 1.217 travailleurs a créé un « choc immense ». Et faire le bilan des licenciements collectifs qui jalonnent la législature de la majorité Arizona : Cora, Carrefour, etc. « Votre bilan est un fiasco. Vous êtes le ministre du chômage », a martelé le député socialiste de l’opposition.

La meilleure politique pour protéger durablement l’emploi ne consiste pas à décourager l'investissement, mais à réunir les conditions permettant aux entreprises de choisir la Belgique pour y investir.

François De Smet (Défi) a évalué à environ 8 milliards d’euros les aides publiques octroyées aux entreprises depuis le début de la législature par le gouvernement Arizona. Il s’est demandé pourquoi, le fédéral n’a pas davantage conditionné ces aides au maintien et au développement de l’emploi.

Dans sa réponse, le ministre Clarinval a défendu le système des aides à l’investissements et les diverses réductions fiscales ou sociales accordées aux entreprises, estimant qu’il faut créer les conditions qui motivent les entreprises à investir en Belgique. « Cette restructuration soulève aussi une question plus large : celle de l'avenir de notre industrie en général, et du secteur pharmaceutique en particulier. La meilleure politique pour protéger durablement l’emploi ne consiste pas à décourager l'investissement, mais à réunir les conditions permettant aux entreprises de choisir la Belgique pour y investir, produire, innover et créer de la valeur. C’est en renforçant notre compétitivité, et non en l’affaiblissant, que nous préserverons les emplois d'aujourd'hui et créerons ceux de demain », a torqué le ministre fédéral de l’Emploi et de l’Economie.

Cette image montre une manifestation devant l'usine de vaccins GSK à Wavre, le jeudi 15 octobre 2026. (BELGA PHOTO BRUNO FAHY).

Réponse du ministre Clarinval jugée insatisfaisante

Plus virulente, Sofie Merckx (PTB) a demandé à David Clarinval de quel côté il se positionne devant le bras de fer entre le personnel de GSK et la direction de l’entreprise. « Votre réponse relève de l'indécence. En résumé, elles (les entreprises, ndlr) reçoivent plein de cadeaux, et vous allez leur en offrir encore davantage alors qu'elles sont occupées à licencier ! Rien ne change ! Voilà comment cela se passe en Belgique. En tout cas, il est clair que vous êtes du côté de GSK : pas un mot sur l'indécence de cette décision. C’est scandaleux », dénonce la cheffe de groupe PTB/PVDA à la Chambre.

En tout cas, il est clair que vous êtes du côté de GSK : pas un mot sur l'indécence de cette décision. C’est scandaleux.

La tâche des députés de la majorité n’a pas été facile au regard de la situation. « Certes, les aides publiques à l’innovation sont essentielles, mais force est de constater qu'elles ne suffisent pas à compenser ces handicaps. Elles doivent s’accompagner sans doute de davantage d’engagements concrets en faveur de l’emploi. On le voit aujourd’hui : il y en a déjà, mais visiblement, ce n’est pas suffisant », a commenté sobrement Anne Pirson (Les Engagés). Le son de cloche était pratiquement identique chez Florence Reuter (MR).

Levée du blocus des sites, mais…

Sur le terrain, au lendemain de l’annonce, les travailleurs ont bloqué toute la journée de jeudi les sites de production de GSK (Wavre, Rixensart, Gembloux).

« Les objectifs de cette deuxième journée d’action ont été atteints ! Les travailleurs et travailleuses ont démontré leur capacité à se mobiliser et à faire preuve de solidarité. Cette mobilisation envoie un signal fort qui porte ses fruits : la direction nous a proposé une rencontre demain, de 11h à 12h, afin de fixer l’agenda des prochaines rencontres. Nous espérons donc ressortir de cette réunion avec un agenda clair pour la suite », a indiqué la CSC, jeudi, en fin de journée.

Des travailleurs se rassemblent pour une action de protestation, bloquant l'entrée de l'usine GSK de Rixensart, fabricant de vaccins, le jeudi 15 octobre 2026. (BELGA PHOTO JUAN GODBILLE).

En fonction de l’évolution des discussions et des réponses de la direction, il sera très certainement nécessaire de ressortir les drapeaux et de poursuivre la mobilisation.

Le syndicat précise la réunion de ce vendredi matin n’est en rien une négociation. Les piquets de grève sont donc levés, mais précisent les syndicats, « cela ne signifie pas que la lutte est terminée. En fonction de l’évolution des discussions et des réponses de la direction, il sera très certainement nécessaire de ressortir les drapeaux et de poursuivre la mobilisation. La suite s’écrira avec les travailleurs et les travailleuses avec la même détermination et la même solidarité ».

Ph. Law.

Par Philippe Lawson — source : L-Post

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